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BALZAC

(par de petites portes)

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Victor Hugo

Balzac et Sainte-Beuve

Une inimitié à l’origine du Lys dans la vallée

Si Le Lys dans la vallée est considéré par certains comme étant la rançon du Père Goriot -où l’on reprochait à Balzac d’avoir accordé trop de place à l’adultère ; dans une des préfaces du Père Goriot, il annonce qui fera le portrait « d’une femme vertueuse par goût » pour répondre aux demandes de ses lectrices-, la genèse du roman est surtout liée à Volupté écrit par Charles-Augustin Saint-Beuve et publié en 1834.

 Balzac a eu un pire ennemi littéraire : Sainte-Beuve.

Charles-Augustin Sainte-Beuve (1804-1869), critique littéraire sans concession et écrivain de romans et autres genres de textes.

Pour Balzac, les a priori sont plutôt bons,

au début  il fait des éloges,

Sainte-Beuve qui, personnellement m’est inconnu, est le modèle du critique consciencieux”. (l. à F. Buloz, 22 (?) août 1832),

cela ne va pas durer et leur relation va rapidement tourner au vinaigre.

Après la lecture de Volupté (paru donc en 1834) il note à Mme Hanska une impression mitigée :

Il a paru un livre très beau pour certaines âmes souvent mal écrit, faible, lâche, diffus, que tout le monde a proscrit, mais que j’ai lu courageusement et ou il y a de belles choses. C’est Volupté par S[ain]te-Beuve. […]Il y a dans ce livre de belles phrases, de belles pages ; mais rien. C’est le rien que j’aime, le rien qui me permet de m’y mêler.”

Balzac s’y mêle un peu trop, peut-être.

Et de son côté, Sainte-Beuve devient incendiaire dans les critiques des romans de Balzac, qui n’apprécie guère. Jules Sandeau (proche très très proche de l’écrivain tourangeau) aurait raconté à Sainte-Beuve, que Balzac, furieux que ce dernier ait écrit un article peu élogieux sur La Recherche de l’absolu, a jeté la revue en disant :

« Il me le paiera ; je lui passerai ma plume au travers du corps. Je referai Volupté. » (préface au livre de poche par G.Seisinger)

Et c’est ainsi que Balzac se lance dans son remake de Volupté : Le Lys dans la vallée.

L’inimitié entre les deux auteurs va perdurer, s’envenimer de petites phrases.

Sainte-Beuve refuse de manger le sel  avec Balzac chez Marie d’Agoult en 1841 car :

[…] manger le sel avec lui, c’est tout autre chose que de le rencontrer, c’est lui serrer la main, c’est abjurer, avouer les torts, c’est promettre de n’en plus avoir. Grâce, grâce pour cela, je ne suis pas si bon, si chrétien ». (Sainte-Beuve à Marie d’Agoult, 1841)

Balzac de son côté sort de la sphère privée et va jusqu’à évoquer les faiblesses d’écriture de son rival dans sa nouvelle Un Prince de la bohême (1840) :

– Ah ! ça, mon cher Nathan, quel galimatias (ndr : discours inintelligible) me faites-vous là ? demanda la marquise étonnée.

– Madame la marquise, répondit Nathan, vous ignorez la valeur de ces phrases précieuses, je parle en ce moment le Sainte-Beuve, une nouvelle langue française.

Puis toujours le même, enfonçant les mots

trop faux où la pensée [de Sainte-Beuve] est à l’état de germe, et qui le constituent l’inventeur du têtard littéraire: quel autre nom donner à ses embryons d’images flottant sur une mare de mots ? » (Revue parisienne, 1840)

ré-enfonçant sa plume dans l’ennemi :

La muse de M. Sainte-Beuve est de la nature des chauves-souris et non de celle des aigles. […] Sa phrase molle et lâche, impuissante et couarde, côtoie les sujets, se glisse le long des idées, elle en a peur ; elle tourne dans l’ombre comme un chacal”(Revue parisienne, 1840).

la tournant bien profond dans le corps de son ennemi, variant un peu

Cet écrivain à tentatives malheureuses compte peu de lecteurs chez nous. Il continue donc avec intrépidité le système littéraire auquel nous devons déjà des pages où l’ennui se développe par une variété de moyens dont il faut lui savoir gré. C’est un travail gigantesque que celui de varier l’ennui (Balzac, Lettres sur la littérature, le théâtre et les arts. II. Sur M. Sainte-Beuve à propos de Port-Royal », Revue parisienne, 25 août 1840).

Utilisant l’image du peintre

« M. Sainte-Beuve ressemble à un peintre fou qui voudrait nous faire prendre sa palette pour un tableau » (Balzac, Lettres sur la littérature, le théâtre et les arts. II. Sur M. Sainte-Beuve à propos de Port-Royal », Revue parisienne, 25 août 1840).

Quant

(car il y a un ‘quant’)

quant au Charles-Augustin,

Il n’est pas en reste, il charge  Balzac lui aussi :

« Quand je songe à cette quantité de mauvais romans par où il a commencé et par où il a fini, je ne puis m’empêcher de dire : Il a fallu au plus fécond de nos romanciers un fumier plus haut que cette maison pour qu’il y poussât quelques fleurs délicates, maladives et rares ; et maintenant qu’il n’y a plus de fleurs et qu’il n’en poussera plus, le fumier monte, monte toujours”. (Portrait littéraire, 1844)

Mais,

(car il y a ‘mais’)

les critiques de l’un de l’autre ne sont pas aussi tranchées qu’elles peuvent le paraître, Balzac reconnait donc quelques extraits de grâce dans Volupté, Sainte-Beuve admet chez Balzac, que…

Il y a toujours à distinguer, pour ne pas être dupe, entre l’école des vrais grands esprits et l’école des grands farceurs. Le mot est lâché. Balzac me paraît avoir été à cheval entre les deux. La part du charlatan qui s’exalte et qui se prend au sérieux est considérable en lui à côté de la vraie veine du talent.” (Sainte-Beuve dans Port Royal)

Et puis, avec Le Lys, Balzac à peut-être élargit le cercle de lecteurs de Volupté. Et permet à ce roman de connaitre une postérité peut-être immérité.

Contrairement à Balzac qui n’y entra jamais, Sainte-Beuve fut élu à l’Académie française le 14 mars 1844 en remplacement de Casimir Delavigne ; Victor Hugo qui, dit-on, vota onze fois contre lui, le reçut le 27 février 1845, et dans sa réponse, oublia de faire l’éloge du récipiendaire. Hum … hum …. Il faut dire que Sainte-Beuve avait été l’amant de sa femme Adèle … hum … hum …, même si lui (Victor Hugo) à ce moment (1830’) se tournait vers Juliette Drouet … hum … hum …. Il semble que Balzac aie assisté à cette cérémonie d’intronisation (ou d’ironisation).

Dom Mar (5 – Balzac et les dédicaces)

Balzac aime dédicacer ses livres … Un petit envoi à des célébrités … A MONSIEUR VICTOR HUGO. Vous qui, par le privilége des Raphaël et des Pitt, étiez déjà grand poète à l’âge où les hommes sont encore si petits, vous avez, comme Chateaubriand, comme tous les vrais talents, placé au début des Illusions Perdues … bizarre écho à une lettre emportée de Balzac où à propos du même Hugo On est grand poète et petit homme … Facétieux pour George Sand … celle associée à la ruine des maris … à qui il dédie Les Mémoires de deux jeunes mariées légèrement moralisantes puisque sur la place raisonnable de la femme dans la société … A GEORGES SAND. Ceci, cher Georges, ne saurait rien ajouter à l’éclat de votre nom, qui Lire la suite

Balzac et La Comédie humaine

Vous ne vous figurez pas ce que c’est que la Comédie humaine ; c’est plus vaste, littérairement parlant, que la cathédrale de Bourges architecturalement.

(Lettre à Zulma Carraud, janvier 1845)

Balzac publie son premier roman sous son vrai nom en 1829 ; il s’agit des Chouans, le succès est mitigé. Puis il se fait connaître les années suivantes d’abord avec La Physiologie du mariage (toute fin 1829) et avec l’immense succès de La Peau de chagrin (1831). Lorsqu’il écrit ses premiers romans Balzac n’a pas encore l’idée de les rassembler sous un titre unificateur et de les classer de façon rigoureuse. Cette idée va se développer au fur et à mesure, d’abord en procédant à des ébauches préfigurant le classement à venir par exemple avec Le Livre mystique (1835) qui regroupe Les Proscrits, Louis Lambert et Séraphîta. Puis Balzac va avoir une idée géniale, il est probablement le premier à l’avoir, faire réapparaître des personnages dans différents romans. Ce ne sont pas des héros comme on en a l’habitude aujourd’hui, mais juste des personnages parfois principaux, les fois d’après secondaires, Parfois ils ne sont qu’évoqués dans un salon, mais ces différentes références permettent de les suivre dans ce petit monde qu’est La Comédie humaine. Balzac écrit 91 romans (son œuvre presque complète) dans lesquels il fait réapparaître plus de 500 personnages. Ce retour des personnages permet de relier les différents romans entre eux, d’en faire un seul et même grand roman comme le dit Victor Hugo en 1850 : Tous ses livres ne forment qu’un livre, livre vivant, lumineux, profond, où l’on voit aller et venir et marcher et se mouvoir.  L’un des personnages les plus connus et les plus importants de cette œuvre gigantesque est bien entendu Rastignac ; c’est l’un de ceux qui réapparaît le plus aussi : une trentaine de fois, c’est le modèle de l’ambitieux pour Balzac, celui qui arrivera au sommet du pouvoir par tous les moyens (il finit en effet par devenir ministre à la fin des références l’évoquant). Rastignac apparaît pour la première fois dans un rôle secondaire dans La Peau de Chagrin, il est environ au milieu de sa vie ; il réapparaît quelques années plus tard dans Le Père Goriot (en 1835) avec le rôle principal cette fois-ci, mais il est aussi beaucoup plus jeune puisqu’étudiant d’une vingtaine d’années. C’est dans le courant des années 1840’ que Balzac va élaborer cette Comédie humaine dans le cadre d’une édition de luxe chez l’éditeur Furne. 17 volumes rassemblant ces 91 textes classés thématiquement en 3 grandes parties aux intitulés très scientifiques : les Etudes de mœurs (où on retrouve Le Père Goriot, Le Lys dans la vallée, Eugénie Grandet…), les Etudes philosophiques (La Peau de chagrin, Louis Lambert…), les Etudes analytiques (La Physiologie du mariage). Parmi les quelques titres auxquels pensa Balzac, il y eu notamment ‘La diabolique comédie du sieur Balzac’. Mais finalement il se fixa sur Comédie humaine, qui ne peut qu’évoquer Dante (que par ailleurs Balzac cite régulièrement) et sa Divine comédie doublement renversée.

A voir aussi :

Le classement de l’édition Furne de La Comédie humaine

La Peau de chagrin, Victor Hugo, Lamartine et Canalis, Nathan et Bianchon et Scribe

– Lamartine restera-t-il ?

– Ah ! Scribe, monsieur, a bien de l’esprit.

– Et Victor Hugo ?

– C’est un grand homme, n’en parlons plus.

– Vous êtes ivres !

Version 1833 à Furne non corrigé


– Nathan restera-t-il?

– Ah! ses collaborateurs, monsieur, ont bien de l’esprit.

– Et Canalis?

– C’est un grand homme, n’en parlons plus.

– Vous êtes ivres?

Version Furne corrigé

(manuscrit des années 1840’)

Balzac met en place, dans le courant des années 1830 (on dit souvent que c’est à partir du Père Goriot (1835) où Rastignac réapparaît pour la première fois ; il était déjà apparu dans La Peau de chagrin avec un rôle secondaire), le procédé dit des personnages reparaissants. C’est une des grandes caractéristiques de la Comédie Humaine, et cela permet de lier les romans les uns avec les autres jusqu’à n’en faire qu’un grand roman, comme l’a dit Victor Hugo. Cette idée va nécessiter des aménagements rétroactifs forçant Balzac à retourner dans les romans écrits avant d’avoir cette fameuse idée. C’est le cas pour La Peau de chagrin écrite en 1831, avant l’idée et qui est revue, donc. Voilà un petit exemple concernant notamment un changement autour de Victor Hugo et Lamartine qui apparaissent dans une sauterie au début du roman. Dans les premières éditions du moins…

Dans la version 1833 de La Peau de chagrin, on retrouve Victor Hugo et Lamartine nommément cités dans le petit passage évoqué ci-dessus, mais ni Canalis, ni Nathan n’apparaissent dans le roman (le futur Canalis n’y est alors qu’un fabricant de ballades non nommé).

Dans le Furne non corrigé, on se retrouve avec les 4 hommes :

Nathan et Canalis que l’on retrouve plusieurs fois au le début du récit et Victor Hugo et Lamartine seulement dans le petit passage cité ci-dessus.

Dans la version Furne corrigée, Balzac s’affranchit de la réalité, abandonne Hugo et Lamartine pour ne garder que le petit monde de La Comédie humaine, c’est-à-dire ici Nathan et Canalis. Le remplacement du nom ne doit pas faire illusion (voir R. Pierrot), mais le portrait de Canalis dans Modeste Mignon doit au moins un peu à Lamartine.

A noter que le médecin Bianchon n’apparaît pas non plus en 1833, mais intervient nommément dans la version Furne non corrigé des années 1840’.

(1833 🙂

– Savez-vous , lui répondit un médecin complètement ivre , qu’à peine y a t’il une membrane de différence entre un homme de génie et un grand criminel ?…

(qui devient en Furne non corrigé puis corrigé : )

– Savez-vous, lui répondit Bianchon complétement ivre, qu’une dose de phosphore de plus ou de moins fait l’homme de génie ou le scélérat, l’homme d’esprit ou l’idiot, l’homme vertueux ou le criminel ?

A noter (bis) qu’Eugène Scribe (librettiste notamment de Robert le diable de Meyerbeer en 1831) voit aussi son nom enlevé du roman.

Repères :

Ce qu’on appelle Furne non corrigé est la première édition de la Comédie Humaine (c’est-à-dire tous les romans de Balzac classés et regroupés en 17 volumes de luxe) qui paraît tome après tome dans le courant des années 1840’.

Le Furne corrigée est une édition qui paraîtra de façon posthume à Balzac et qui reprend les corrections manuscrites (inachevées) que Balzac avait noté à même ses ouvrages de l’édition Furne.

Balzac et Victor Hugo

je m’empresse de prévenir Monsieur de Balzac que j’ai une communication à lui faire touchant la proposition qu’il m’a bien voulu apporter l’autre jour […] Si Monsieur de Balzac est toujours dans la même disposition je le prie de vouloir bien venir causer avec moi le plus tôt possible ce soir par exemple, s’il est libre. Je l’attendrai chez moi jusqu’à huit heures […] j’aurai toujours grand plaisir à passer une heure ou deux avec un homme dont j’estime la personne et le talent, quand même ce ne serait que pour causer commerce.

l. de V. Hugo à H. Balzac (29 fév. 1828)

Victor Hugo est finalement le seul des grands écrivains de l’époque avec lequel Balzac va avoir une correspondance suivie. Certes les deux hommes ont leurs caractères mais cela ne les empêche pas de développer une amitié certaine et une admiration littéraire plus ou moins réciproque. Une amitié qui poussera Hugo à venir soutenir Balzac aux premières de ses pièces de théâtre qui ne se passent pas forcément bien (Balzac n’est pas un grand tragédien) ; amitié qui amènera Hugo au chevet de Balzac mourrant (Hugo est une des dernières personnes à voir Balzac vivant, un passage saisissant de ses Choses vues y est consacré, Hugo lui fera aussi un vibrant éloge funèbre). Quant à l’admiration littéraire,  il n’est pas sûr que Hugo n’apprécie plus que de façon courtoise les tragédies de Balzac, comme Balzac, de son côté, n’est pas toujours très flatteur envers l’œuvre d’Hugo (et notamment Ruy Blas). Ce qui n’empêche pas l’écrivain tourangeau de s’effacer de la course à l’Académie Française au profit d’Hugo en 1839 ; en retour, en 1849, Hugo votera pour Balzac. Une relation avec des hauts et des bas ; Balzac accuse (injustement ?) à un moment Victor Hugo d’être à l’origine d’une mauvaise critique, d’où cet emportement balzacien : On est grand poète et petit homme. Balzac s’inspire de Hugo pour créer son personnage de Nathan, modèle de l’écrivain mondain qui réussit dans tous les genres littéraires et qui songe à la politique. Balzac lui dédicace aussi l’un de ses chef-d’œuvres : Illusions perdues.

Balzac et La Peau de chagrin

Rien n’était plus horrible que cette mansarde aux murs jaunes et sales, qui sentait la misère et appelait son savant. La toiture s’y abaissait régulièrement et les tuiles disjointes laissaient voir le ciel. Il y avait place pour un lit, une table, quelques chaises, et sous l’angle aigu du toit je pouvais loger mon piano.

La Peau de Chagrin

En 1831, au moment où paraît cette Peau de chagrin, Balzac commence à peine à être connu dans les salons parisiens grâce au scandale de son livre précédent La Physiologie du mariage et à quelques nouvelles. Si le livre a une dimension fantastique -le fantastique est à la mode, La Peau de chagrin y est aussi, c’est le livre que tout le monde doit alors avoir lu- il est néanmoins ancré dans une certaine réalité. On retrouve la société de 1830 et des lendemains de la Révolution de Juillet qui a amené Louis-Philippe au pouvoir, le livre est parsemé d’allusions au triomphe de la bourgeoisie. On retrouve des personnes dans les personnages, Victor Hugo (dans Nathan), Lamartine (dans Canalis). On retrouve aussi des éléments de la vie de Balzac (même s’il ne faut pas y chercher une dimension autobiographique comme dans Le Lys dans la vallée) : par exemple la mansarde de Raphaël de Valentin ressemble étrangement à celle de Balzac rue Lesdiguière, près de la Bastille ; par exemple Raphaël écrit un traité de la volonté comme Balzac à ses débuts (cf aussi Louis Lambert). La Peau de chagrin sera donc le premier grand succès de Balzac (il est tiré à 4000 exemplaires, ce qui est considérable pour l’époque). Et comme on n’est jamais mieux servi que par soi-même, Balzac rédige lui-même le compte rendu de son livre dans le journal La Caricature sous le pseudonyme du Comte Alexandre B.

 

Balzac et l’Académie Française

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En 1839 et 1844 paraissent ces deux Caricatures. Intitulées Grande course au clocher académique, elles représentent un certain nombre d’écrivains de ces années-là se présentant devant la porte (close) de l’Académie Française. Sur la première image, on reconnait de droite à gauche Honoré de Balzac (avec cette fameuse canne à pommeau d’or et incrustée de turquoises qui fit tant parler de lui) soutenu par des femmes de quarante ans (en référence à son roman La femme de trente ans, sur la seconde image, la légende est légèrement modifiée : les femmes-cariatides avaient « trente ans il y a dix ans« ).

Puis Alexandre Dumas (père), entouré de chimères, qui commence à repartir comme s’il avait déjà compris qu’il n’entrerait jamais dans cette Académie. Puis Victor Hugo, en bonne place avec Notre-Dame de Paris sur la tête, puis  Alfred de Vigny, impatient, devant la porte.

Sur la seconde image , Victor Hugo est effacé (puisqu’élu en 1841 à l’Académie) et remplacé par Eugène Sue. Mais on retrouve Dumas, Balzac et de Vigny (toujours impatient, il regarde par la serrure). Comme Victor Hugo, A. de Vigny entrera (en 1846), mais pas assez vite à son goût sûrement, et fera un petit scandale avec son discours d’entrée.

A l’inverse, ni Dumas, ni Sue, ni Balzac n’entreront à l’Académie qui à l’époque privilégie les poètes et les tragédiens au dépend des romanciers par encore pris au sérieux.

A noter aussi que Balzac s’éfface 2 fois, au profit de Victor Hugo et d’Alfred de Vigny. Un peu plus tard, en 1849, Balzac se présente encore mais n’obtient que 2 voix (dont celle de Victor Hugo), ce qui est bien sûr plus qu’insuffisant pour entrer dans cette Académie qu’il convoitait pourtant depuis le milieu des années 1830.

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