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BALZAC

(par de petites portes)

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Traité des excitants modernes

Balzac et la Pologne / l’Ukraine / la Russie et Mme Hanska

 
 

Ma chère sœur,

Je suis arrivé ici sans autre accident qu’une excessive fatigue, car j’ai fait le 1/4 du diamètre de la terre et plus même en 8 jours, sans m’arrêter ni me coucher, si j’avais doublé le chemin, je me serais trouvé par delà l’Hymmalaia.

[…]

Cette habitation est exactement un Louvre ; et les terres sont grandes comme nos départements.

[…]

De la frontière européenne à Odessa, c’est comme un même champ de la Beauce.

l. à Laure Surville, oct. 1847

 

 
 

A partir de leur première rencontre physique (à Neuchâtel fin 1833) Mme Hanska fit beaucoup voyager Balzac, ce dernier la rejoignant en Suisse, à Vienne en Autriche, à St-Petersbourg, à Dresde… Mais c’est seulement à la fin des années 1840 que Balzac ira chez Mme Hanska, près de Kiew (l’Ukraine fait, géopolitique complexe et mal maitrisée, suivant les années, partie de la Pologne ou de l’empire Russe). La comtesse y possède un vaste domaine (20 000 ha de terres) et un beau château, une espèce de Louvre, de temple grec […] dominant une vallée. (Lettre sur Kiew) Coup sur coup, pratiquement, Balzac fait le long voyage : de septembre 1847 à Février 1848, puis d’octobre 1848 à mai 1850. Le château semble être grand comme une ville, Balzac y possède un petit appartement où il travaille d’arrache-pied. Et c’est dans l’église Ste-Barbe de la ville voisine de Berditcheff qu’Honoré de Balzac (à la santé de plus en plus déclinante) et Ewa Hanska se marient le 14 mars 1850. Un peu de polonais et de russes, mais peu de chose de la Pologne, de l’Ukraine ou même de la Russie dans l’œuvre de Balzac si ce n’est La Lettre sur Kiew, seul récit de voyage de Balzac, qui évoque plus le voyage pour se rendre à Kiew que la ville elle-même. Et cette analyse politique : J’appelle la Russie une autocratie soutenue par l’alcool. (Traité des excitants modernes)

Balzac et le café (l’inspiration)

Dès lors, tout s’agite : les idées s’ébranlent comme les bataillons de la grande armée sur le terrain d’une bataille, et la bataille a lieu. Les souvenirs arrivent au pas de charge, enseignes déployées ; la cavalerie légère des comparaisons se développe par un magnifique galop ; l’artillerie de la logique accourt avec son train et ses gargousses ; les traits d’esprit arrivent en tirailleurs ; les figures se dressent ; le papier se couvre d’encre, car la veille commence et finit par des torrents d’eau noire, comme la bataille par sa poudre noire. J’ai conseillé ce breuvage ainsi pris à un de mes amis qui voulait absolument faire un travail promis pour le lendemain : il s’est cru empoisonné, il s’est recouché, il a gardé le lit comme une mariée. Il était grand, blond, cheveux rares ; un estomac de papier mâché, mince. Il y avait de ma part manque d’observation.

Traité des excitants modernes

Honoré de Balzac est bien connu pour sa consommation de café. On ne peut pas évaluer la quantité qu’il buvait, mais cela doit avoisiner le « énormément ». Pour l’écrivain, l’inspiration est liée à la qualité du café comme l’évoque la citation ci-dessus ou encore cet extrait de lettre (il écrit alors de Saché où le café ne semble pas terrible) : « Les jours ne sont pas assez longs pour moi. Je travaille dès 5 heures jusqu’au dîner. Je prends à 7 heures un œuf et une demi – tasse de café, mais Ô Lobligeois, !… Où es-tu ? Je n’ai pas de grandes inspirations avec ce café ». Un bon café serait donc générateur d’inspiration. Balzac met aussi le café dans son Traité des excitants modernes, petit livre assez fantaisiste où il dit qu’il faut mieux être petit brun et costaud pour boire du café, plutôt que grand blond et maigre, puisqu’alors on risque d’être malade. Néanmoins, dans l’extrait présenté ici, Balzac montre qu’il a bien compris que le café permet de rester éveillé plus longtemps. Il va alors user et abuser de cette boisson d’autant plus indigeste pour sa santé qu’il dit la boire comme ceci : « Il s’agit de l’emploi du café moulu, foulé, froid et anhydre (mot chimique qui signifie peu d’eau ou sans eau) pris à jeun. Ce café tombe dans votre estomac, qui, vous le savez par Brillat-Savarin, est un sac velouté à l’intérieur et tapissé de suçoirs et de papilles ; il n’y trouve rien, il s’attaque à cette délicate et voluptueuse doublure » (Traité des excitants modernes).

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