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BALZAC

(par de petites portes)

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Touraine

Les paysages du Lys (Christian GARCIN et Le Lys dans la vallée)

 

Ce texte a fait partie de l’exposition « Le paysage, mots pour mots » organisée avec la bibliothèque municipale de Grenoble au Musée de Grenoble du 16 septembre au 16 octobre 2016, dans le cadre de « Paysage -> Paysages », ensemble de manifestation autour du paysage organisées par le Laboratoire, et portées par le département de l’Isère. Lire la suite

BALZAC AU CENTRE ou quand le territoire est parsemé de romans (biographies parallèles)

Julien Gracq dans ses Lettrines 2 annonce :

comme la Touraine est balzacienne

Elargissons le dit de Gracq à la région Centre : ajoutons au Lys dans la vallée, au Curé de Tours, à La Grenadière, à L’Illustre Gaudissart – les tourangeaux – ajoutons donc la berrichonne Rabouilleuse, la Sancerroise Muse du département, les Vendômois Louis Lambert & Grande Bretèche

Le territoire est parsemé de romans !

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Mon cher George‘, exposition à Saché (Indre-et-Loire)

EXPOSITION MON CHER GEORGE.

au musée Balzac de Saché (37)

du 24 MARS au 20 JUIN 2010

« Mon cher George », l’une des amorces préférées d’Honoré de Balzac pour écrire à son amie George Sand, est aussi l’exposition temporaire qui se tiendra au musée Balzac

Balzac et ses romans évoquant la Touraine

Ne me demandez plus pourquoi j’aime la Touraine ? je ne l’aime ni comme on aime son berceau, ni comme on aime une oasis dans le désert; je l’aime comme un artiste aime l’art; je l’aime moins que je ne vous aime, mais sans la Touraine, peut-être ne vivrais-je plus.

Le Lys dans la vallée

Après Paris, la Touraine et ses environs (Saumur, Issoudun, Sancerre et Vendôme) est la région où Balzac situe le plus de ses romans. Cet ensemble représente une dizaine de romans. Et encore, sans compter ceux qui évoquent la Touraine à un moment ou l’autre comme La Peau de chagrin, La femme de trente ans ou encore  César Birotteau (liste non exhaustive) …Touraine natale et Touraine désirée, luxe, calme et volupté avant l’heure, sans doute. Des romans en Touraine et pas des moindres, Le Lys dans la vallée par exemple, dont pratiquement toute l’action se déroule sur la commune de Saché, dans les petits châteaux environnants, et se terminant même dans la chambre que Balzac occupait lors de ses séjours chez ses hôtes M. et Mme de Margonne (voir…). Le curé de Tours aussi dans lequel l’abbé Birotteau roule sur les pavés (mouillés) des alentours du cloître de la Psalette et de la cathédrale Saint-Gatien.

Moins connus mais tout aussi tourangeaux sont La Grenadière, petite maison sur la commune de Saint-Cyr-sur-Loire et qui offre un panorama sur la Loire et sur la « Capitale » riveraine : La Grenadière est une petite habitation située sur la rive droite de la Loire, en aval et à un mille environ du pont de Tours. En cet endroit, la rivière, large comme un lac, est parsemée d’îles vertes et bordée par une roche sur laquelle sont assises plusieurs maisons de campagne, toutes bâties en pierre blanche, entourées de clos de vigne et de jardins où les plus beaux fruits du monde mûrissent à l’exposition du midi. Balzac connaît bien cette maison, une de ses chimères, qu’il aurait aimé un temps acheter et où il passa quelques semaines avec sa première amante Mme de Berny. Et L’Illustre Gaudissart, fable drolatique et physiologie d’un commis voyageur roublard pris à son propre jeu par les Vouvrillons (habitants de Vouvray).

Et autour, comme un second cercle ou un petit encadré géo-littéraire de personnages romanesques : Eugénie Grandet à Saumur : Louis Lambert à Vendôme : La Muse du département à Sancerre : La Rabouilleuse à Issoudun.

Balzac et Les Petits bourgeois

Mon cher Monsieur Lockroy, je suis parti sur le champ pour la terre de Saché précisément pour ne pas être soumis aux mille dérangements de Paris et faire silencieusement et promptement les Petits Bourgeois ; votre inquiétude est venue m’y trouver au moment où j’ai fini le 1er acte, ainsi je puis vous rassurer ; vous aurez cette comédie à la fin du mois […].

l. à Lockroy, 8 juin 1848

En plus de sa petite centaine de romans, Honoré de Balzac a écrit notamment une dizaine de pièces de théâtre. Et certains de ses romans ont été adaptés pour le théâtre comme Le Père Goriot. En 1843, Balzac commence un roman intitulé Les Petits bourgeois. Projet abandonné en 1844, puis repris en 1846, puis de nouveau et définitivement abandonné. Puis tout de même terminé après la mort de Balzac par Charles Rabou (voir…). En 1848, Honoré de Balzac promet une pièce au directeur du théâtre de la République Joseph-Philippe Lockroy. Balzac reprend le thème et le titre du roman, va à Saché avec l’espoir d’écrire cette pièce. Mais, à cette période, Balzac est très malade et ne trouve finalement pas l’inspiration malgré le café qu’il fait venir de Paris… Mon café est venu de Paris, j’en prenais ici de détestable, et j’attribuais mon incapacité cérébrale à ce mauvais café, je vais voir si Les Petits Bourgeois s’en trouveront mieux. …jusqu’en Touraine. Et malgré l’auto-persuasion qu’il pratique en disant à Lockroy qu’il est en instance de terminer sa pièce alors que Balzac lui-même sait que cela se compromet de plus en plus au fil du temps qui passe. Au final, Balzac ne livrera pas sa pièce dont il n’écrit que le premier acte aujourd’hui disparu et dont il ne reste qu’une liste des personnages et quelques notes. Si le roman et la pièce semblent avoir le même sujet, ils ont aussi le même destin de rester inachevés.

Balzac et les romans écrits à Saché

J’avais entrepris d’aller à pied de Tours à Saché, vieux reste de château, qui se recommande chaque année à ma mémoire par des souvenirs d’enfance et d’amitié, […].

Extrait de La Scène de village version fossile du Médecin de campagne

[…] la Touraine m’avait si bien ravitaillé que jeudi, vendredi, samedi et dimanche, j’ai conçu les Illusions perdues, et j’en ai écrit les quarante premiers feuillets.

l. à Émile Regnault le 27 juin 1836.

Balzac vient plusieurs fois chez M. de Margonne au château de Saché, une dizaine de fois environ, trouver le calme propice à l’écriture. Balzac y travaille dans sa petite chambre à une dizaine de romans ; à certains parmi ses plus célèbres comme Le Père Goriot ou Illusion Perdues, à d’autres aujourd’hui moins connus comme Louis Lambert ou Maître Cornélius. Mais une constante, il n’en écrit aucun en entier dans ce château.

Le Père Goriot, pour commencer par le plus célèbre, est entamé lors d’un séjour en Touraine en 1834. Au début du roman, on retrouve une description de papier peint évoquant le festin donné au fils d’Ulysse par Calypso : dans la salle à manger du salon, on peut voir une frise, sur le papier, qui représente une scène grecque où un festin … Balzac est un grand observateur de ce qui l’entoure. Balzac est content (euphémisme) de son idée et écrit à sa mère le 24 septembre 1834 c’est une œuvre plus belle encore qu’Eugénie Grandet, du moins, j’en suis plus content.

Pour continuer, l’un des plus épais, Illusions Perdues, conçues et commencées au château. Puis l’histoire du parfumeur César Birotteau corrigée (mais pour Balzac corrigé = réécriture, voir recomposition de passages entiers). Aussi Louis Lambert dont on dit que Balzac se serait (un peu) inspiré d’un voisin du château, fils d’artisan et du nom de … Louis Lambert. Et encore Maître Cornélius (corrigé), Le Cabinet des antiques (terminé), La Scène de village (commencée puis déroutée pour donner Le Médecin de campagne) et le projet inachevé des Petits bourgeois (voir…).

Enfin, comme Balzac avait l’habitude de terminer ses romans par une datation, précisons que Louis Lambert et Maître Cornélius finissent respectivement ainsi : Au Château de Saché, 1832 pour l’un et Au Château de Saché, 1832. Et que Le Père Goriot absolument pas terminé en Touraine est aussi daté : Saché, 1834.

(vers le musée Balzac)

Balzac et Auguste Rodin

Il y a eu, plus ou moins rapidement après la mort de Balzac plusieurs projets de statue-hommage. Certaines ont eu des histoires et des fortunes tout à fait particulières. Celle de Fournier (datant de la fin du XIXè siècle) à Tours a été fondue par les Allemands durant la seconde guerre mondiale et transformée en munitions. Celle bien connue de Rodin (Balzac y est notamment représenté dans sa fameuse robe de bure) n’a pas eu non plus un parcours de création simple. A la toute fin du XIXè siècle, La Société des gens de Lettres, sous l’impulsion de Zola, veut rendre hommage à Balzac. Cette société finit par se tourner vers Rodin qui présente ses premières maquettes en 1892. Rodin vient en Touraine, s’installe près d’Azay-le-Rideau et cherche un modèle qui ressemblerait à l’écrivain. C’aurait été jouer de malheur que de ne pas rencontrer parmi tous ces hommes soumis aux mêmes influences de terroir et de ciel, quelque chose de la même corpulence, des mêmes plans de visage, du même rire des yeux, de la même lippe de la bouche écrit le sculpteur. Rodin rencontra un voiturier de Saché qui lui convint, le fit poser. Mais il n’était peut-être pas si judicieux que cela de venir chercher en Touraine un modèle, Honoré étant certes tourangeaux de naissance, mais son père venait du Tarn et sa mère du côté de Paris ; cela n’avait sûrement pas laissé assez de temps au déterminisme du terroir pour agir sur le physique de l’écrivain. Modèle trouvé donc, le processus de création qui a donné cette statue fut néanmoins long, il fallut attendre 1898 pour qu’elle soit présentée au Salon de la Société nationale des beaux-arts. Ce furent rires et moqueries qui accueillirent cette œuvre. Devant le tollé, la Société des gens de Lettre la refusa… et Rodin la conserva dans son atelier.

A voir sur ce thème :

• Cheverau S., Le Balzac de Rodin, catalogue de l’exposition, Conseil Général d’Indre-et-Loire,

Balzac et les Tourangeaux

Oh si vous saviez ce que c’est que la Touraine !… On y oublie tout. Je pardonne bien aux habitants d’être bêtes, ils sont si heureux ! Or vous savez que les gens qui jouissent beaucoup sont naturellement stupides.

l. à V. Radier, 1830

Balzac évoque la Touraine dans plusieurs romans, il y est né même si ces parents viennent d’ailleurs ; il évoque donc aussi les Tourangeaux, et pas seulement en bien ! Dans Sténie (1819, œuvre de jeunesse inachevée) il écrit qu’ils sont lâches, dans sa lettre à V. Radier il dit sans détour (malgré après une ouverture plutôt flatteuse) qu’ils sont bêtes, ou encore dans L’Illustre Gaudissart il évoque le caractère moqueur et fainéant (cela serait dû au climat si on croit l’écrivain) du tourangeau : Ainsi le Tourangeau, si remarquable au dehors, chez lui demeure comme l’Indien sur sa natte, comme le Turc sur son divan. Il emploie son esprit à se moquer du voisin, à se réjouir, et arrive au bout de la vie, heureux. […] Quant à la fainéantise, elle est sublime et admirablement exprimée par ce dicton populaire : — Tourangeau, veux-tu de la soupe ? — Oui. — Apporte ton écuelle ? — Je n’ai plus faim. Est-ce à la joie du vignoble, est-ce à la douceur harmonieuse des plus beaux paysages de la France, est-ce à la tranquillité d’un pays où jamais ne pénètrent les armes de l’étranger, qu’est dû le mol abandon de ces faciles et douces moeurs. A ces questions, nulle réponse. La description du Tourangeau peut bien commencer (il est si remarquable au dehors… ), ou être tempérée (ils sont si heureux !), elle n’en reste pas, pour le moins, souvent acerbe (et peu redevable envers ses hôtes réguliers).

Balzac et l’auto-plagiat

A sa droite, le voyageur embrasse d’un regard toutes les sinuosités de la Cise, qui se roule, comme un serpent argenté, dans l’herbe des prairies auxquelles les premières pousses du printemps donnaient alors les couleurs de l’émeraude. […] Le voyageur aperçoit devant lui […] une chaîne de rochers qui, par une fantaisie de la nature, paraît avoir été posée pour encaisser le fleuve dont les flots minent incessamment la pierre, spectacle qui fait toujours l’étonnement du voyageur.

La Femme de trente ans (commencé vers 1830)

Ce chemin, qui débouche sur la route de Chinon, bien au delà de Ballan, longe une plaine ondulée sans accidents remarquables, jusqu’au petit pays d’Artanne. Là se découvre une vallée qui commence à Montbazon, finit à la Loire, et semble bondir sous les châteaux posés sur ces doubles collines ; une magnifique coupe d’émeraude au fond de laquelle l’Indre se roule par des mouvements de serpent. A cet aspect, je fus saisi d’un étonnement voluptueux que l’ennui des landes ou la fatigue du chemin avait préparé.

Le Lys dans la vallée (1836)

Balzac est un des plus grands écrivains français, c’est un fait. Mais cela n’empêche pas qu’on retrouve certaines faiblesses dans cette œuvre complexe qu’est La Comédie humaine. Balzac est parfois dépassé par sa création, se trompant dans le retour de certains personnages ou collant sous un même titre plusieurs textes assez différents qui ne forment au final qu’un ensemble assez hétéroclite et peu gracieux (cette fameuse Femme de trente ans regroupe par exemple 6 nouvelles lissées). Aussi, Balzac n’hésite pas à se plagier comme dans les extraits présentés ci-avant. Certes les deux passages se passent en Touraine, donc on pourra dire que c’est une caractéristique des paysages de par ici, mais tout de même il y a beaucoup de ressemblances, les rivières  se roulent comme des serpents, dans un environnement couleur d’émeraude, et les 2 fois le voyageur subit l’étonnement…

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