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BALZAC

(par de petites portes)

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Stendhal

BALZAC ? – Jean Giono

« JEAN CARRIÈRE: [ … ] on a souvent parlé de l’influence de Stendhal sur vous, pourtant, il me semble qu’il y a chez vous un phénomène qui vous situe parfois plus près de l’auteur des Illusions perdues que de Stendhal.

« JEAN GIONO: Non, ne me compare à personne … Eh bien, je vais te faire un aveu, je n’aime pas Balzac. J’ai fait très honnêtement de grands efforts pour lire Balzac, efforts que je renouvelle toutes les années. Il y a tout à l’heure quarante ans que je relis Balzac toutes les années. Et toutes les fois je me dis : « oh mon Dieu, que c’est mal écrit ! Oh mon Dieu que ça ne signifie rien! Oh mon Dieu que c’est mauvais ! » Chaque fois. Alors que tout à l’heure, je te parlais de cette prodigieuse abondance de Victor Hugo au début de L’Homme qui rit, je te parle maintenant de l’abondance mesquine de Balzac. Balzac commence par te décrire la France. Dans la France il te décrit une province, dans une province il te décrit une vallée, dans la vallée il te décrit le château, dans le château il te décrit un escalier ; l’escalier arrive à un palier, sur le palier il y a des portes; il te décrit les portes, et puis après il te décrit une chambre, et on rentre dans la chambre et le roman est fini. C’est généralement à ce moment-là que le roman de Stendhal commence.

« J. C. : Vous n’étes pas un peu injuste avec Balzac ? [ … ]

« J. G. : Je suis parfaitement injuste avec tous les deux, et grossièrement injuste avec Balzac. Mais il faut être injuste quand on est passionné. Lire la suite

Balzac et Stendhal

« Le côté faible de cette œuvre est le style, en tant qu’arrangement des mots. […] Sa phrase longue est mal construite, sa phrase courte est sans rondeur. […] Je souhaite que M. Beyle soit mis à même de retravailler, de polir La Chartreuse de Parme. »

Balzac, septembre 1840, dans la Revue parisienne

Fin mars 1839, Stendhal (1783 – 1842) envoie un exemplaire de La Chartreuse de Parme à Balzac en écrivant : Si vous le lisez, dites-m’en votre avis bien sincèrement. / Je réfléchirai à vos critiques avec respect. (l. à Balzac, mars 1839) Balzac s’empresse de lire le roman et répond quelques jours plus tard La chartreuse est un grand et beau roman. Je vous le dis sans flatterie (l. à Stendhal, avril 1839).  Puis en septembre 1840 paraît dans la Revue parisienne un (très) long article, un modèle de critique, concernant cette Chartreuse de Parme ; article qui fait « rougir » Stendhal tant les louanges sont nombreuses. Balzac envie notamment les descriptions de batailles (il prévoit de consacrer une grande partie de sa Comédie Humaine aux scènes de la vie militaire, mais sur la vingtaine de textes prévus il n’en écrit que 2 : Les Chouans et Une passion dans le désert). Des louanges beaucoup, mais Balzac n’hésite pas à faire des critiques aussi, à donner son avis sur ce qu’il y a à améliorer comme l’y invite Stendhal. S’il s’agit, avec cette critique, du fait de gloire de leur relation, il ne faut pas oublier que Balzac s’intéresse très tôt à cet écrivain qu’il commence à lire dans les années 1820’ ; que De l’amour de Stendhal  influencera Balzac pour sa Physiologie du mariage ; qu’ils vont se rencontrer plusieurs fois dans le courant des années 1830’ ; que Balzac met même en scène son confrère dans les Contes bruns et lui rend hommage La Muse du département.

A voir :

Balzac, écrits sur le roman, textes choisis et annotés par S. Vachon, Livre de poche

L’article de Balzac sur La Chartreuse de Parme

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