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BALZAC

(par de petites portes)

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Père Goriot

EXPOSITION – Balzac en bande dessinée : Le Père Goriot

Le musée Balzac vous propose de découvrir une exposition inédite des planches originales de la bande dessinée « Le Père Goriot d’Honoré de Balzac ».

Parue en deux tomes chez Delcourt en 2009 et 2010, cette bande dessinée est le fruit de la collaboration entre un dessinateur, Bruno Duhamel, et deux scénaristes, Philippe Thirault et Thierry Lamy. Elle pose la question de l’adaptation de la littérature balzacienne à un média qui fonctionne avec son propre langage.

Renseignements pratiques :

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Balzac et les sources d’inspiration

– Mon cher ami, dit madame de la Baudraye en tirant un manuscrit de dessous l’oreiller de sa causeuse, me pardonnerez-vous, dans la détresse où nous sommes, d’avoir fait une nouvelle de ce que vous nous avez dit, il y a quelques jours.

– Tout est de bonne prise dans le temps où nous sommes ; n’avez-vous pas vu des auteurs qui, faute d’inventions, servent leurs propres coeurs et souvent celui de leurs maîtresses au public ! On en viendra, ma chère, à chercher des aventures moins pour le plaisir d’en être les héros, que pour les raconter.

Un Prince de la Bohême

Balzac a écrit énormément, certes les fameux 17 volumes de sa Comédie humaine rédigés en moins de 20 ans. Mais Balzac a aussi écrit de nombreux articles dans les journaux autour de 1830, articles souvent signés de pseudonymes. Et Balzac a aussi produit une dizaine de pièces de théâtre. Et puis il y a les œuvres de jeunesses, une dizaine d’ouvrages supplémentaires et aussi les contes drolatiques et… . Au final, plusieurs milliers de pages, donc, écrites en une petite trentaine d’années. On peut se demander alors d’où vient l’inspiration si fertile du sieur Balzac ? Lire la suite

Balzac et les romans écrits à Saché

J’avais entrepris d’aller à pied de Tours à Saché, vieux reste de château, qui se recommande chaque année à ma mémoire par des souvenirs d’enfance et d’amitié, […].

Extrait de La Scène de village version fossile du Médecin de campagne

[…] la Touraine m’avait si bien ravitaillé que jeudi, vendredi, samedi et dimanche, j’ai conçu les Illusions perdues, et j’en ai écrit les quarante premiers feuillets.

l. à Émile Regnault le 27 juin 1836.

Balzac vient plusieurs fois chez M. de Margonne au château de Saché, une dizaine de fois environ, trouver le calme propice à l’écriture. Balzac y travaille dans sa petite chambre à une dizaine de romans ; à certains parmi ses plus célèbres comme Le Père Goriot ou Illusion Perdues, à d’autres aujourd’hui moins connus comme Louis Lambert ou Maître Cornélius. Mais une constante, il n’en écrit aucun en entier dans ce château.

Le Père Goriot, pour commencer par le plus célèbre, est entamé lors d’un séjour en Touraine en 1834. Au début du roman, on retrouve une description de papier peint évoquant le festin donné au fils d’Ulysse par Calypso : dans la salle à manger du salon, on peut voir une frise, sur le papier, qui représente une scène grecque où un festin … Balzac est un grand observateur de ce qui l’entoure. Balzac est content (euphémisme) de son idée et écrit à sa mère le 24 septembre 1834 c’est une œuvre plus belle encore qu’Eugénie Grandet, du moins, j’en suis plus content.

Pour continuer, l’un des plus épais, Illusions Perdues, conçues et commencées au château. Puis l’histoire du parfumeur César Birotteau corrigée (mais pour Balzac corrigé = réécriture, voir recomposition de passages entiers). Aussi Louis Lambert dont on dit que Balzac se serait (un peu) inspiré d’un voisin du château, fils d’artisan et du nom de … Louis Lambert. Et encore Maître Cornélius (corrigé), Le Cabinet des antiques (terminé), La Scène de village (commencée puis déroutée pour donner Le Médecin de campagne) et le projet inachevé des Petits bourgeois (voir…).

Enfin, comme Balzac avait l’habitude de terminer ses romans par une datation, précisons que Louis Lambert et Maître Cornélius finissent respectivement ainsi : Au Château de Saché, 1832 pour l’un et Au Château de Saché, 1832. Et que Le Père Goriot absolument pas terminé en Touraine est aussi daté : Saché, 1834.

(vers le musée Balzac)

La Peau de chagrin, Victor Hugo, Lamartine et Canalis, Nathan et Bianchon et Scribe

– Lamartine restera-t-il ?

– Ah ! Scribe, monsieur, a bien de l’esprit.

– Et Victor Hugo ?

– C’est un grand homme, n’en parlons plus.

– Vous êtes ivres !

Version 1833 à Furne non corrigé


– Nathan restera-t-il?

– Ah! ses collaborateurs, monsieur, ont bien de l’esprit.

– Et Canalis?

– C’est un grand homme, n’en parlons plus.

– Vous êtes ivres?

Version Furne corrigé

(manuscrit des années 1840’)

Balzac met en place, dans le courant des années 1830 (on dit souvent que c’est à partir du Père Goriot (1835) où Rastignac réapparaît pour la première fois ; il était déjà apparu dans La Peau de chagrin avec un rôle secondaire), le procédé dit des personnages reparaissants. C’est une des grandes caractéristiques de la Comédie Humaine, et cela permet de lier les romans les uns avec les autres jusqu’à n’en faire qu’un grand roman, comme l’a dit Victor Hugo. Cette idée va nécessiter des aménagements rétroactifs forçant Balzac à retourner dans les romans écrits avant d’avoir cette fameuse idée. C’est le cas pour La Peau de chagrin écrite en 1831, avant l’idée et qui est revue, donc. Voilà un petit exemple concernant notamment un changement autour de Victor Hugo et Lamartine qui apparaissent dans une sauterie au début du roman. Dans les premières éditions du moins…

Dans la version 1833 de La Peau de chagrin, on retrouve Victor Hugo et Lamartine nommément cités dans le petit passage évoqué ci-dessus, mais ni Canalis, ni Nathan n’apparaissent dans le roman (le futur Canalis n’y est alors qu’un fabricant de ballades non nommé).

Dans le Furne non corrigé, on se retrouve avec les 4 hommes :

Nathan et Canalis que l’on retrouve plusieurs fois au le début du récit et Victor Hugo et Lamartine seulement dans le petit passage cité ci-dessus.

Dans la version Furne corrigée, Balzac s’affranchit de la réalité, abandonne Hugo et Lamartine pour ne garder que le petit monde de La Comédie humaine, c’est-à-dire ici Nathan et Canalis. Le remplacement du nom ne doit pas faire illusion (voir R. Pierrot), mais le portrait de Canalis dans Modeste Mignon doit au moins un peu à Lamartine.

A noter que le médecin Bianchon n’apparaît pas non plus en 1833, mais intervient nommément dans la version Furne non corrigé des années 1840’.

(1833 🙂

– Savez-vous , lui répondit un médecin complètement ivre , qu’à peine y a t’il une membrane de différence entre un homme de génie et un grand criminel ?…

(qui devient en Furne non corrigé puis corrigé : )

– Savez-vous, lui répondit Bianchon complétement ivre, qu’une dose de phosphore de plus ou de moins fait l’homme de génie ou le scélérat, l’homme d’esprit ou l’idiot, l’homme vertueux ou le criminel ?

A noter (bis) qu’Eugène Scribe (librettiste notamment de Robert le diable de Meyerbeer en 1831) voit aussi son nom enlevé du roman.

Repères :

Ce qu’on appelle Furne non corrigé est la première édition de la Comédie Humaine (c’est-à-dire tous les romans de Balzac classés et regroupés en 17 volumes de luxe) qui paraît tome après tome dans le courant des années 1840’.

Le Furne corrigée est une édition qui paraîtra de façon posthume à Balzac et qui reprend les corrections manuscrites (inachevées) que Balzac avait noté à même ses ouvrages de l’édition Furne.

Balzac et Louis-Philippe

Balzac écrit sa Comédie Humaine (ses romans presque complets, disons) en moins de 20 ans : entre 1829 et 1848). Louis-Philippe est Roi des Français entre 1830 et 1848, ce qui correspond presque absolument aux mêmes dates. On sait que Balzac veut être un historien des mœurs de son temps, il s’inspire donc beaucoup de cette monarchie (de Juillet) dans laquelle il vit. On retrouve, pour ne citer que les plus connus, des références à cela dans La Peau de chagrin (la crise qui a suivi l’arrivée au pouvoir de Louis-Philippe) et dans Le Père Goriot (l’émergence d’une bourgeoisie d’affaire favorisée par ce Roi qu’on dit Roi-bourgeois au dépend de la noblesse). Balzac, qui est un royaliste (un légitimiste même) affirmé n’aime pourtant pas Louis-Philippe qui ne semble pas être assez royaliste à son goût (puisqu’il se compromet avec la bourgeoisie). Au début des années 1830, comme l’art de la caricature se développe considérablement, Louis-Philippe est attaqué et représenté sous forme de poire (ici au centre de la lithographie) en référence à ses joues tombantes. En 1835, Louis Philippe interdit définitivement qu’on le représente ; les caricaturistes, plutôt que de risquer la prison, se tournent donc vers d’autres personnalités comme les écrivains… et donc Balzac.

  

Balzac et la paternité

 

Tu sais ce qui peut tripler mes forces.

Le Père Goriot

Je vis trois fois 

l. à Mme Hanska mai 1846

Officiellement, Honoré de Balzac n’a pas eu d’enfants. Il a failli, avec Mme Hanska en 1846 (il ne sont donc alors pas mariés). Balzac est enthousiaste à l’idée de cette paternité ; Pense à tout le bonheur que tu portes, que tu donnes. (LH 3/08/1846) écrit-il à sa future femme en août 1846. Le prénom est déjà choisi: ce sera Victor-Honoré. Mais l’enfant naîtra mort-né, ce qui désolera l’écrivain au moins autant qu’il était impatient. Et l’enfant en question n’était pas un garçon mais une fille. Donc pas de descendance du nom de Balzac du côté d’Honoré. Officieusement par contre… officieusement, Balzac aurait eu deux enfants, au milieu des années 1830 ; c’est lui qui l’évoque, il faut souvent se méfier de ce qu’il dit. En 1834, en juin, naît Marie, fille de Maria du Fresnay, une gentille personne, la plus naïve créature qui soit tombée comme une fleur du ciel. Balzac donnera à cette Marie un Christ de Girardon auquel il tenait beaucoup. Second enfant présumé, un certain Lionel-Richard, né en mai 1835, et fils de la comtesse Guidoboni-Visconti. Bien entendu ce jeune homme a un père officiel, noble de surcroît, et Balzac ne peut pas le reconnaître. Peut-on faire un parallèle entre ces partenités et les préoccupations parternelles évoquées dans Le Père Goriot ? Toujours est-il que Balzac écrit et publie ce roman ces mêmes années 1834 et 1835, qu’il fait dire Je vis trois fois au Père Goriot… et qu’il écrit une dizaine d’années plus tard Tu sais ce qui peut tripler mes forces. à Eve Hanska.

 

Balzac et Daumier

12060877_Honore De Balzac with a Cane  Probably Drawn for the BookHonoré de Balzac et Honoré Daumier sont (à 10 ans près : le premier naît en 1799, le second en 1808) de la même génération. Ils se sont rencontrés vers 1830 en collaborant aux mêmes journaux-artistes (La Silhouette par exemple). S’ils ne sont pas du même bord politique (Balzac est légitimiste, Daumier républicain) et qu’ils ne développent pas particulièrement de grande amitié, ils s’apprécient réciproquement. Balzac sollicitera Daumier pour un petit livre la Physiologie du rentier et pour quelques bois gravés insérés dans la Comédie Humaine publiée en 17 volumes par Furne dans les années 1840, parmi lesquels un célèbre Père Goriot aphasique. Honoré Daumier est présumé être l’auteur de l’illustration ci-contre qui représenterait Balzac armé de sa légendaire canne.

A voir sur ce thème :

Balzac-Daumier, comédies humaines, catalogue de l’exposition, Conseil Général d’Indre-et-Loire, 2008

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