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BALZAC

(par de petites portes)

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Nohant

BALZAC AU CENTRE ou quand le territoire est parsemé de romans (biographies parallèles)

Julien Gracq dans ses Lettrines 2 annonce :

comme la Touraine est balzacienne

Elargissons le dit de Gracq à la région Centre : ajoutons au Lys dans la vallée, au Curé de Tours, à La Grenadière, à L’Illustre Gaudissart – les tourangeaux – ajoutons donc la berrichonne Rabouilleuse, la Sancerroise Muse du département, les Vendômois Louis Lambert & Grande Bretèche

Le territoire est parsemé de romans !

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(digression) – George Sand et le théâtre

“ il y a ce diable d’amour du travail ; ce nouveau genre de travail m’a si bien chauffé la tête malgré moi, que je ne rêve plus que théâtre et ne vois plus mes idées que sous cette forme. ” (George Sand à Bocage, 25 juillet 1851, Correspondance, t. X, p. 382)

Œuvres et succès. Le théâtre occupe une place importante dans la société du XIXè siècle. Plus encore qu’avoir du succès en littérature, c’est sur les planches qu’il fait bon avoir de la reconnaissance ; et puis l’argent y arrive plus rapidement. Balzac et Sand ne s’y trompent pas, s’essayant tous les deux à ce genre littéraire. Avec plus ou moins de succès (souvent moins que plus pour Balzac, moins mitigé pour Sand).

Comme celle de Balzac, l’œuvre théâtrale de George Sand est relativement méconnue. Elle se compose de 31 pièces écrites dont 22 jouées ; pièces plutôt écrites dans la seconde moitié de sa carrière littéraire, entre 1849 et 1870 (à l’exception de Cosima qui date d’avant, de 1840). François Le Champi (1849), Le Marquis de Villemer* (1860) sont ses grands succès. Elle adapte aussi certains de ses romans comme, outre François Le Champi, Mauprat (1853) et La Petite Fadette (1869). Notons que Dumas fils lui apportera aide et conseils pour certains de ces textes.

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Balzac et Régis Jauffret

Quand Balzac était fatigué, je vivais à sa place, et j’étais bien obligé d’écrire ses livres. Je buvais du café toute la nuit, noircissant des pages pleines de comtesses, de cochers, d’arrivistes, et de jeux de mots dont j’avais honte. Ses romans sont ennuyeux à lire, mais les écrire était avilissant, et il me semblait que ma main était un âne bâté chevauchant une plume arrachée à la queue d’un volatile plus bête que les oies.

Vers trois heures du matin, George Sand tambourinait à la porte. Elle était sale, échevelée, son épaisse toison sortait par touffes de la braguette ouverte de son pantalon. Elle me disait pis que pendre de Flaubert et de Tourgueniev, qu’elle ne connaîtrait que vingt ans plus tard, mais à qui elle vouait par avance une haine farouche.

Même en plein hiver, elle prétendait avoir trop chaud, et se déshabillait dans la foulée. À cette époque, elle n’avait pas trente ans, pourtant elle arborait déjà un corps de grand-mère. Elle ne vidait pas les lieux avant que je l’aie sautée tant bien que mal, avec l’horrible impression de me livrer à la zoophilie, tant elle ressemblait, si j’ose dire, à un bovin du beau sexe.

Régis Jauffret, Microfiction, Gallimard, 2007

Dans son désormais célèbre Microfictions, Régis Jauffret consacre quelques lignes à Balzac, et à Sand par la même occasion, et permet par l’occasion de préciser quelques petites choses. Jauffret fait un prix de groupe à la littérature du XIXè siècle convoquant aussi Flaubert, Tourgueniev et Proust. Dans les quelques lignes citées ici, on retrouve quelques poncifs balzaciens et sandiens malmenés et imagés. Pour l’écrivain : le café,  le travail de nuit, les textes ennuyeux ; pour l’écrivaine : la dévoreuse d’hommes et Flaubert (qui lui était plutôt proche, néanmoins, et qu’elle appréciait particulièrement : Il est plus grand et plus gros que la moyenne des êtres. Son esprit est comme lui, hors des proportions communes, en cela il a du Victor Hugo au moins autant que du Balzac, mais il a le goût et le discernement qui manquent à Hugo,et il est artiste, ce que Balzac n’était pas. (l. à G. Flaubert, 9 jan. 1870) et qu’elle appelait mon cher vieux). Enfin précisons : Balzac et Sand se sont fréquentés principalement dans les Salons, Balzac est allé à Nohant 1 seule fois, il ne s’est à priori jamais rien passé d’autre que de platoniques discussions entre deux écrivains qui s’estimaient.

A voir sur ce thème :

Correspondance de G. Sand, annoté par G. Lubin

Balzac et George Sand (jugements, et Liszt et Mme Hanska)

Elle est garçon, elle est artiste, elle est grande, généreuse, chaste, elle a les grands traits d’un homme

lettre à Mme  Hanska

Honoré de Balzac décrit ainsi George Sand dans une lettre à Mme Hanska, sa future femme. Souvent il a eu tendance à mentir à cette femme, sur sa relation avec l’écrivaine berrichonne (relation qui reste chaste et toute intellectuelle), à raccourcir son séjour à Nohant, à désenjoliver la seconde (Sand) afin d’éviter la jalousie de la première (Mme Hanska). Garçon et généreuse paraissent être ici les traits les plus véridiques. Ce qui est amusant c’est que plus tard, c’est Mme Hanska qui rendra Balzac jaloux en fréquentant une relation de George Sand, en fréquentant  Franz Liszt à Saint-Petersbourg (alors que le pianiste (surnommé parfois Monsieur Lits) écrit une lettre disons pressante à Mme Hanska) Quant à Sand de Balzac ; elle juge son ami  puéril et puissant, […] sincère jusqu’à la modestie, vantard jusqu’à la hâblerie, […], très expansif, très bon, très fou.

Sur les relations entre Balzac et Sand : cette pleine page Facebook : Mon cher George

Balzac et George Sand

Je lui jetais presque son livre au nez. Je me souviens que, comme je le traitais de gros indécent, il me traita de prude et sortit en me criant sur l’escalier : « Vous n’êtes qu’une bête! »

(George Sand dans  Histoire de ma vie)

En 1832, au moment de cette joute verbale entre George Sand et Honoré de Balzac, les deux écrivains sont au début de leur carrière (Balzac veut alors forcer sa consoeur à lire les rabelaisiens Contes drolatiques, ce qui entraînera cet échange d’amabilités) et d’une relation (platonique) qui durera jusqu’à la mort du grand (sic) Honoré.

G. Sand et H. de Balzac se rencontrent à Paris en 1831 par l’intermédiaire de Jules Sandeau (autre romancier de l’époque et qui donnera son nom à Sand et qui co-écrit sous le nom de Jules Sand, à 4 mains avec la future George, le roman Rose et Blanche). G. Sand sera à l’origine de plusieurs romans de Balzac (ceux sur la musique ou La muse du département par exemple). En 1838, Balzac va jusque chez George Sand à Nohant, dans le Berry où ils discutent beaucoup. Il dit alors : J’ai plus vécu pendant ces trois ou quatre causeries, le mors aux dents, que je n’avais vécu depuis longtemps. Il reviendra du Berry avec un roman presque tout fait, Beatrix, où il raconte, suite à des confidences de G. Sand, la relation entre le pianiste Liszt (Conti dans le roman) et Marie d’Agoult (Beatrix dans le roman). On y reconnaît aussi George Sand sous les trait de Félicité des Touches (artiste et écrivain dont le pseudonyme est Camille Maupin), une femme très masculine, s’habillant en pantalon, fumant le houka (tout cela caractérise la réelle George Sand) et … conseillant les romans d’une certaine George Sand à son beau protégé, Calyste.

A voir sur ce thème :

• La correspondance de George Sand, annoté par G. Lubin

• Sur les relations entre Balzac et Sand : cette page Facebook : Mon cher George

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