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BALZAC

(par de petites portes)

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Mme Hanska

Balzac et les surnoms donnés à Mme Hanska

En parcourant la correspondance de Balzac à Mme Hanska, on peut relever (par ordre plus ou moins chronologique) ces surnoms et petits noms donnés par Honoré de Balzac à l’amour de sa vie, Mme Hanska :

Madame (Balzac répond à une des premières lettres de Mme Hanska)

Mon cher et pur Amour (en 1833, ils ne sont pas encore amants)

Ma chère âme

Chère ange aimé

Mon amour chérie

Mon Éva chérie

Ma chère épouse d’Amour (ils finiront par se marier en 1850, mais ici nous ne sommes encore qu’en 1833 et Mme Hanska est déjà mariée)

Cara contessina

Chère comtesse

Chère

Madame et amie (certaines lettres sont plus officielles car risque que le mari de Mme Hanska tombe dessus, peut-être)

Ma Line chérie

Mon Evelette chérie

lplp (= Loup-loup)

Âme de ma vie

Linette

Mon chérie lplp

Ma minette

Mon bien aimé lplp

Mon petit lplp

Mon petit Evelin

Mon bon lplp adoré

Mon Ève chérie

Ma mignonne Èv.

lplp d’amour

liste non exhaustive avec variations possibles.

Noël avec Balzac… (par Camille M.)

Le mot « Noël » apparaît notamment dans deux lettres de Balzac adressées à Mme Hanska.

 

Le 23 novembre 1836, Balzac adresse une lettre à Mme Hanska depuis Tours. Il travaille alors sur son roman Illusions perdues . Prévoyant le long acheminement de lettre jusqu’en Ukraine, il conclut la lettre ainsi :Je vous souhaite mille gracieusetés dans votre vie, car ces vœux et cette lettre arriveront, je crois, avec le jour de Noël.

 

Dix ans plus tard, Balzac rédige une lettre à Mme Hanska le jour de Noël. Il semble bien que pour Balzac, Noël soit alors un jour comme les autres, excepté le fait qu’il soit forcé de s’organiser pour envoyer son courrier plus tôt que d’habitude…

Lire la suite sur le profil FB du musée Balzac de Saché…

 

Dom Mar (5 – Balzac et les dédicaces)

Balzac aime dédicacer ses livres … Un petit envoi à des célébrités … A MONSIEUR VICTOR HUGO. Vous qui, par le privilége des Raphaël et des Pitt, étiez déjà grand poète à l’âge où les hommes sont encore si petits, vous avez, comme Chateaubriand, comme tous les vrais talents, placé au début des Illusions Perdues … bizarre écho à une lettre emportée de Balzac où à propos du même Hugo On est grand poète et petit homme … Facétieux pour George Sand … celle associée à la ruine des maris … à qui il dédie Les Mémoires de deux jeunes mariées légèrement moralisantes puisque sur la place raisonnable de la femme dans la société … A GEORGES SAND. Ceci, cher Georges, ne saurait rien ajouter à l’éclat de votre nom, qui Lire la suite

Balzac et les mansardes

Je demeurais alors dans une petite rue que vous ne connaissez sans doute pas, la rue de Lesdiguières : elle commence à la rue Saint-Antoine, en face d’une fontaine près de la place de la Bastille et débouche dans la rue de La Cerisaie. L’amour de la science m’avait jeté dans une mansarde où je travaillais pendant la nuit, et je passais le jour dans une bibliothèque voisine, celle de MONSIEUR. Je vivais frugalement, j’avais accepté toutes les conditions de la vie monastique, si nécessaire aux travailleurs.

Facino Cane


Dans cet extrait de la nouvelle Facino Cane, Balzac évoque explicitement sa première mansarde, celle qu’il a réellement habité rue Lesdiguières – à Paris, près de la Bastille – alors qu’il avait une vingtaine d’années. C’est dans cette petite pièce qu’il écrit un de ses premiers textes : l’adaptation de Cromwell (qui ne sera pas éditée).

Balzac n’hésite pas  à évoquer cette expérience dans La Peau de chagrin où on retrouve une mansarde aux murs jaunes et sales, qui sentait la misère et appelait son savant. La toiture s’y abaissait régulièrement et les tuiles disjointes laissaient voir le ciel. Il y avait place pour un lit, une table, quelques chaises, et sous l’angle aigu du toit je pouvais loger mon piano. Un piano que Balzac évoque aussi dans sa correpondance avec sa sœur. Pour écrire, Balzac semble préférer les pièces de dimensions modestes. C’est d’ailleurs une petite pièce presque sous les toits, pas plus grande qu’une cellule de moine, qu’il utilise à Saché (je suis heureux d’être là comme un moine dans un monastère, y écrit-il en mars 1833 à Mme Hanska). Son cabinet de travail dans la maison de la rue Reynouard n’est pas non plus une pièce immense. A la fin des années 1840’, alors qu’il vient d’acheter l’hôtel particulier de la rue Fortunée, à Paris, Balzac évoque à plusieurs reprises des mansardes : lorsque que ses comptes ne sont pas bons (sic) et qu’il envisage de revendre l’hôtel  V[otre] estime, v[otre] affection et une mansarde me suffisent. (l. à Mme Hanska août 1847) ; lorsque Mme Hanska se fait un peu désirer et qu’il ne peut vivre dans cette maison sans elle, dirait-on Je suis décidé à quitter la rue Fortunée, à prendre une petite mansarde à côté, j’y viendrai tous les jours soigner l’habitation (l. à Mme Hanska juillet 1847) ; ou encore, pour revenir à l’inspiration, parce que les pièces de cet hôtel particulier semblent trop grandes pour qu’il puisse s’y concentrer Si je vais mieux qu’ici à Saché, je prendrai au retour une mansarde de 200 fr. par an dans le f[au]b[ourg] du Roule à deux pas de la maison, et je verrai si j’y puis travailler. (l. à Mme Hanska juillet 1847).

Balzac et la Pologne / l’Ukraine / la Russie et Mme Hanska

 
 

Ma chère sœur,

Je suis arrivé ici sans autre accident qu’une excessive fatigue, car j’ai fait le 1/4 du diamètre de la terre et plus même en 8 jours, sans m’arrêter ni me coucher, si j’avais doublé le chemin, je me serais trouvé par delà l’Hymmalaia.

[…]

Cette habitation est exactement un Louvre ; et les terres sont grandes comme nos départements.

[…]

De la frontière européenne à Odessa, c’est comme un même champ de la Beauce.

l. à Laure Surville, oct. 1847

 

 
 

A partir de leur première rencontre physique (à Neuchâtel fin 1833) Mme Hanska fit beaucoup voyager Balzac, ce dernier la rejoignant en Suisse, à Vienne en Autriche, à St-Petersbourg, à Dresde… Mais c’est seulement à la fin des années 1840 que Balzac ira chez Mme Hanska, près de Kiew (l’Ukraine fait, géopolitique complexe et mal maitrisée, suivant les années, partie de la Pologne ou de l’empire Russe). La comtesse y possède un vaste domaine (20 000 ha de terres) et un beau château, une espèce de Louvre, de temple grec […] dominant une vallée. (Lettre sur Kiew) Coup sur coup, pratiquement, Balzac fait le long voyage : de septembre 1847 à Février 1848, puis d’octobre 1848 à mai 1850. Le château semble être grand comme une ville, Balzac y possède un petit appartement où il travaille d’arrache-pied. Et c’est dans l’église Ste-Barbe de la ville voisine de Berditcheff qu’Honoré de Balzac (à la santé de plus en plus déclinante) et Ewa Hanska se marient le 14 mars 1850. Un peu de polonais et de russes, mais peu de chose de la Pologne, de l’Ukraine ou même de la Russie dans l’œuvre de Balzac si ce n’est La Lettre sur Kiew, seul récit de voyage de Balzac, qui évoque plus le voyage pour se rendre à Kiew que la ville elle-même. Et cette analyse politique : J’appelle la Russie une autocratie soutenue par l’alcool. (Traité des excitants modernes)

Balzac et quelques lieux où

Quelques lieux ont compté pour Honoré de Balzac. Voici, histoire de mettre quelques images sur des topo-nymie.

Donc il y a la maison la plus connue, celle de la rue Basse à Passy (aujourd’hui rue Raynouard dans le 16e arrondissement de Paris), ses 2 portes pour échapper, dit-on, aux créanciers, sa Mme de Brugnol (gouvernante, prête-nom et amante perfide), ses mots de passe (3 couches à  dire à 3 employés différents, dixit T. Gautier).

En Touraine, le château de Saché comme lieu de repli pour trouver le calme et s’éloigner de l’agitation parisienne.

En Touraine encore, la chimère Montcontour pour y passer quelques mois chaque année avec Mme Hanska.

Si Montcontour reste à l’état de rêve, La Grenadière se situera entre le rêve (de l’acheter) et la réalité (puisque l’écrivain y passe quelques semaines en location avec Mme de Berny).

Frapesle aussi, chateau de l’amie fidèle Zulma Carraud à Issoudun, où Balzac écrit une partie du Lys dans la vallée et dont il réutilise le nom dans le même roman pour loger M. de Chessel et Félix de Vandenesse.

Et, sur la fin,

le château de Mme Hanska et ses quelques 20 000 ha de terres autour. Tout près de Kiev, en Pologne alors, en Ukraine aujourd’hui. Transformé en Lycée agricole apparemment, on y visite les quelques pièces de l’appartement de Balzac.

L’hôtel particulier de la rue Fortunée (rue qui deviendra dès les années 1850 la rue Balzac, l’hôtel est aujourd’hui détruit). Balzac l’achète en vue du mariage avec Mme Hanska, avec l’argent de Mme, aussi. C’est là qu’il est mort en août 1850. L’écrivain était très fier d’y avoir un accès direct à l’église accolée.

Balzac et la réalité arrangée

[…] ma chambre que les curieux viennent déjà voir ici par curiosité donne sur des bois deux ou trois fois centenaires, et j’embrasse la vue de l’Indre et le petit château que j’ai appelé Clochegourde. Le silence est merveilleux. […]  Je quitte toujours à regret ce vallon solitaire.

l. à Mme Hanska

En comparant la vidéo de la vue par la fenêtre de sa petite chambre de Saché avec la lettre qu’il écrit à Mme Hanska, on peut voir que Balzac prend ses aises avec la réalité. Il y a des choses vraies (qu’on retrouvera écrites de la même façon à la fin du Lys  dans la vallée (les arbres centenaires, le vallon solitaire) ; mais point de château ni de vallée de l’Indre, qui se trouvent à 90° sur la gauche par rapport à cette vue. Balzac écrit là à Mme Hanska qui ne viendra jamais vérifier ce qu’il voit par sa fenêtre…

Balzac et George Sand (jugements, et Liszt et Mme Hanska)

Elle est garçon, elle est artiste, elle est grande, généreuse, chaste, elle a les grands traits d’un homme

lettre à Mme  Hanska

Honoré de Balzac décrit ainsi George Sand dans une lettre à Mme Hanska, sa future femme. Souvent il a eu tendance à mentir à cette femme, sur sa relation avec l’écrivaine berrichonne (relation qui reste chaste et toute intellectuelle), à raccourcir son séjour à Nohant, à désenjoliver la seconde (Sand) afin d’éviter la jalousie de la première (Mme Hanska). Garçon et généreuse paraissent être ici les traits les plus véridiques. Ce qui est amusant c’est que plus tard, c’est Mme Hanska qui rendra Balzac jaloux en fréquentant une relation de George Sand, en fréquentant  Franz Liszt à Saint-Petersbourg (alors que le pianiste (surnommé parfois Monsieur Lits) écrit une lettre disons pressante à Mme Hanska) Quant à Sand de Balzac ; elle juge son ami  puéril et puissant, […] sincère jusqu’à la modestie, vantard jusqu’à la hâblerie, […], très expansif, très bon, très fou.

Sur les relations entre Balzac et Sand : cette pleine page Facebook : Mon cher George

Balzac et les livres non terminés (par Balzac)

Les Paysans doivent être et seront un chef d’œuvre.

Lettre à Mme Hanska (1844)

La Comédie humaine est avant tout une œuvre inachevée. Honoré de Balzac a écrit 91 textes (romans ou nouvelles) pour cette grande œuvre, mais il en prévoyait 137. Donc une grosse quarantaine manquent. Cependant Balzac a laissé les titres des différents textes de cette part manquante dans son classement final de La Comédie humaine, ce qui nous permet d’avoir une idée de l’ensemble que l’auteur voulait proposer. On a pour un certain nombre de ces textes quelques notes ou des ébauches plus ou moins avancées. Il y a aussi 3 livres classés comme s’ils étaient finis ; Le Député d’Arcis, Les Petits bourgeois et Les Paysans ; or ce n’est pas Honoré de Balzac qui les a terminé. Pour le premier et le deuxième, Mme de Balzac(-Hanska) demande à Charles Rabou de les achever à partir de notes et de fragments laissés par Balzac, ces romans paraîtront en 1854. pour le troisième, qui devait donc être un chef-d’œuvre mais qui restera finalement un document d’histoire sur ce monde des paysans (l’histoire serait inspirée des relations entre Paul-Louis Courier et ses paysans), monde peu abordé par l’écrivain ; c’est Mme de Balzac(-Hanska) qui le terminera et le publiera en 1855.

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