Recherche

BALZAC

(par de petites portes)

Tag

Mme de Berny

Dom Mar (5 – Balzac et les dédicaces)

Balzac aime dédicacer ses livres … Un petit envoi à des célébrités … A MONSIEUR VICTOR HUGO. Vous qui, par le privilége des Raphaël et des Pitt, étiez déjà grand poète à l’âge où les hommes sont encore si petits, vous avez, comme Chateaubriand, comme tous les vrais talents, placé au début des Illusions Perdues … bizarre écho à une lettre emportée de Balzac où à propos du même Hugo On est grand poète et petit homme … Facétieux pour George Sand … celle associée à la ruine des maris … à qui il dédie Les Mémoires de deux jeunes mariées légèrement moralisantes puisque sur la place raisonnable de la femme dans la société … A GEORGES SAND. Ceci, cher Georges, ne saurait rien ajouter à l’éclat de votre nom, qui Lire la suite

Publicités

Balzac et les sources d’inspiration

– Mon cher ami, dit madame de la Baudraye en tirant un manuscrit de dessous l’oreiller de sa causeuse, me pardonnerez-vous, dans la détresse où nous sommes, d’avoir fait une nouvelle de ce que vous nous avez dit, il y a quelques jours.

– Tout est de bonne prise dans le temps où nous sommes ; n’avez-vous pas vu des auteurs qui, faute d’inventions, servent leurs propres coeurs et souvent celui de leurs maîtresses au public ! On en viendra, ma chère, à chercher des aventures moins pour le plaisir d’en être les héros, que pour les raconter.

Un Prince de la Bohême

Balzac a écrit énormément, certes les fameux 17 volumes de sa Comédie humaine rédigés en moins de 20 ans. Mais Balzac a aussi écrit de nombreux articles dans les journaux autour de 1830, articles souvent signés de pseudonymes. Et Balzac a aussi produit une dizaine de pièces de théâtre. Et puis il y a les œuvres de jeunesses, une dizaine d’ouvrages supplémentaires et aussi les contes drolatiques et… . Au final, plusieurs milliers de pages, donc, écrites en une petite trentaine d’années. On peut se demander alors d’où vient l’inspiration si fertile du sieur Balzac ? Lire la suite

Balzac et Laure de Berny

Elle a été une mère, une famille, un ami, un conseil ; elle a fait l’écrivain, elle a consolé le jeune homme, elle a créé le goût…

(lettre à Mme Hanska,  juillet 1837)

Mme de Berny (1777-1836) une des femmes de la vie de Balzac ; est une des femmes les plus importantes de la vie de Balzac ; est peut-être la femme la plus importante de la vie de Balzac. Lorsque Laure de Berny et Honoré se rencontrent, lui a à peine 20 ans passés, elle déjà presque … 45 ans. A cette époque, la famille de Balzac et la famille de Berny sont voisines à Villeparisis. C’est une femme bien placée, son mari est conseiller à la cour, elle-même est la fille du professeur de harpe de la reine Marie-Antoinette, filleule de cette même reine et du roi qui va avec (Louis XVI, donc). Le jeune Balzac entre donc dans sa vie, d’abord comme précepteur de ses filles, puis il devient un amant de plus en plus pressant ; elle se refuse d’abord au jeune homme, le trouvant trop jeune, notamment. Elle cèdera pour devenir l’amante la plus importante du futur écrivain, écrivain qu’elle contribue à façonner par ses conseils, elle est aussi la figure maternelle qui a manqué à Balzac (elle a 1 ans de plus que Mme de Balzac mère). Et il l’appelle Laure (son prénom usuel est Antoinette, mais Balzac aime l’appeler par son 2è prénom : Laure. Laure, un des prénoms de sa mère, le prénom de sa sœur bien aimée) ; il l’appelle la Dilecta (« l’aimée » en latin) . Il va chez elle à La Bouleaunière près de Nemours. Il l’amène à Saint-Cyr-sur-Loire en Touraine dans une maison nommée la  Grenadière (le roman La Grenadière évoque cette maison à flanc de coteau, avec une belle vue sur la Loire) en 1830 ; de là ils partent pour Le Croisic (à l’époque la Loire se remontait (et se redescendait) en bateau). Il lui dédie Louis Lambert (Et nunc et semper dilectae dicatum / A la chère entre toutes et maintenant et toujours). Enfin, il s’inspire d’elle (et de leur relation) pour camper Mme de Morsauf (et l’intrigue) du Lys dans la vallée, un des (le ?) dernier roman de Balzac qu’elle lit puisque qu’elle meurt l’année même de la parution de ce roman.

Balzac et les premières entreprises en littérature

Tes 3 ou quatre entreprises commerciales, mon cher Honoré, me trottent dans la cervelle; un auteur a bien assez de sa muse. Versé dans la littérature comme tu l’es, comment cette seule occupation qui a pris l’existence entière des hommes célèbres qui ont écrit, peut-elle te laisser à toi, le temps de suivre une nouvelle carrière et te jeter dans le commerce que tu ne connais pas du tout et qui demande au contraire que l’on y soit versé dès la première jeunesse.

 

l. de sa sœur Laurence (4 avril 1825)

Balzac a eu un certain nombre de fois des lubies entrepreneuriales. Des idées cohérentes, d’autres un peu (beaucoup !) moins. Mais à chaque fois cela ne se passera pas (et c’est un euphémisme) bien. Premières entreprises entre 25 et 30 ans environ, avant d’être connu comme écrivain sous son propre nom (ce qui sera à partir de 1829). Donc quelques années dans la deuxième partie des 1820’ qui vont décider de la suite, de l’écrivain qui est finalement. D’abord l’idée d’être éditeur, en collaboration avec le libraire Urbain Canel, avec un projet novateur (trop ?) : publier les œuvres complètes de La Fontaine, de Molière. Mais les livres sont de mauvaise qualité, écrits trop petit, avec des illustrations médiocres, et un prix fixé est très élevé. Il ne se vendra presqu’aucun de ses livres, Balzac connaîtra là sa première faillite ; avec beaucoup d’argent dû à sa mère. Dans la foulée il rachète une imprimerie à Paris. Son amante Mme de Berny lui prête beaucoup d’argent (et son mari intercède aussi pour que Balzac obtienne le brevet d’imprimeur nécessaire) pour cette entreprise (Balzac a imprimé sur ses presses notamment une réédition de Cinq-Mars d’Alfred de Vigny), entreprise qui ne marche pas mieux que la première, dettes s’accumulant. Après l’édition en 1825, l’imprimerie en 1826, Balzac ajoute fondeur de caractère à sa liste en 1827 ; et ça ne marche pas mieux. Sort de tout cela un Honoré de Balzac alourdi de quelques 60 000 francs (de l’époque) de dettes qui le poursuivrons toute sa vie et au delà. On peut penser que ces dettes vont conditionner l’écriture de Balzac par la suite, puisqu’il écrira en partie pour les rembourser. Une question (sans réponse réellement possible) : aurait-il écrit autant s’il n’avait pas eu ce besoin d’argent ?

Balzac et Félix de Vandenesse (le roman et la réalité)

Quel poète nous dira les douleurs de l’enfant dont les lèvres sucent un sein amer, et dont les sourires sont réprimés par le feu dévorant d’un oeil sévère ? La fiction qui représenterait ces pauvres coeurs opprimés par les êtres placés autour d’eux pour favoriser les développements de leur sensibilité, serait la véritable histoire de ma jeunesse. Quelle vanité pouvais-je blesser, moi nouveau-né ? quelle disgrâce physique ou morale me valait la froideur de ma mère ? étais-je donc l’enfant du devoir, celui dont la naissance est fortuite, ou celui dont la vie est un reproche ? Mis en nourrice à la campagne, oublié par ma famille pendant trois ans, quand je revins à la maison paternelle, j’y comptai pour si peu de chose que j’y subissais la compassion des gens.

Le Lys dans la vallée

Ce n’est pas systématique, mais Balzac met régulièrement sa vie en œuvre dans ses romans. Parfois même par pans entiers (cf Louis Lambert).  Félix de Vandenesse, le héros du Lys dans la vallée, ressemble par bien des points à Balzac : il est enlevé du collège parce qu’il est malade (comme Balzac est enlevé du collège de Vendôme avant la fin de sa scolarité parce qu’il est aussi malade), il a une mère froide avec lui, il ne connaît que peu son frère (à la différence que dans Le Lys le Frère est plus âgé, dans la réalité Henry est plus jeune) et il est envoyé en nourrice pendant plusieurs années par une mère peu maternelle. Plus encore, dans ce Lys, Balzac met en scène ses amours avec Mme de Berny, une femme beaucoup plus âgée que lui, déjà mariée, qui a des enfants… tout cela comme Mme de Morsauf dans le roman. Quant aux lieux de l’histoire, ils sont aussi inspirés de châteaux que fréquente Balzac : Clochegourde est une combinaison de Vonne et de la Chevrière, Frapesle (dont le nom est celui d’un château d’une amie de l’écrivain) est Valesne ; et la chambre où vient se reposer Félix à la fin du roman n’est autre que celle que Balzac utilise au Château de Saché.

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :