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BALZAC

(par de petites portes)

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L’Illustre Gaudissart

Balzac et ses romans évoquant la Touraine

Ne me demandez plus pourquoi j’aime la Touraine ? je ne l’aime ni comme on aime son berceau, ni comme on aime une oasis dans le désert; je l’aime comme un artiste aime l’art; je l’aime moins que je ne vous aime, mais sans la Touraine, peut-être ne vivrais-je plus.

Le Lys dans la vallée

Après Paris, la Touraine et ses environs (Saumur, Issoudun, Sancerre et Vendôme) est la région où Balzac situe le plus de ses romans. Cet ensemble représente une dizaine de romans. Et encore, sans compter ceux qui évoquent la Touraine à un moment ou l’autre comme La Peau de chagrin, La femme de trente ans ou encore  César Birotteau (liste non exhaustive) …Touraine natale et Touraine désirée, luxe, calme et volupté avant l’heure, sans doute. Des romans en Touraine et pas des moindres, Le Lys dans la vallée par exemple, dont pratiquement toute l’action se déroule sur la commune de Saché, dans les petits châteaux environnants, et se terminant même dans la chambre que Balzac occupait lors de ses séjours chez ses hôtes M. et Mme de Margonne (voir…). Le curé de Tours aussi dans lequel l’abbé Birotteau roule sur les pavés (mouillés) des alentours du cloître de la Psalette et de la cathédrale Saint-Gatien.

Moins connus mais tout aussi tourangeaux sont La Grenadière, petite maison sur la commune de Saint-Cyr-sur-Loire et qui offre un panorama sur la Loire et sur la « Capitale » riveraine : La Grenadière est une petite habitation située sur la rive droite de la Loire, en aval et à un mille environ du pont de Tours. En cet endroit, la rivière, large comme un lac, est parsemée d’îles vertes et bordée par une roche sur laquelle sont assises plusieurs maisons de campagne, toutes bâties en pierre blanche, entourées de clos de vigne et de jardins où les plus beaux fruits du monde mûrissent à l’exposition du midi. Balzac connaît bien cette maison, une de ses chimères, qu’il aurait aimé un temps acheter et où il passa quelques semaines avec sa première amante Mme de Berny. Et L’Illustre Gaudissart, fable drolatique et physiologie d’un commis voyageur roublard pris à son propre jeu par les Vouvrillons (habitants de Vouvray).

Et autour, comme un second cercle ou un petit encadré géo-littéraire de personnages romanesques : Eugénie Grandet à Saumur : Louis Lambert à Vendôme : La Muse du département à Sancerre : La Rabouilleuse à Issoudun.

Balzac et les Tourangeaux

Oh si vous saviez ce que c’est que la Touraine !… On y oublie tout. Je pardonne bien aux habitants d’être bêtes, ils sont si heureux ! Or vous savez que les gens qui jouissent beaucoup sont naturellement stupides.

l. à V. Radier, 1830

Balzac évoque la Touraine dans plusieurs romans, il y est né même si ces parents viennent d’ailleurs ; il évoque donc aussi les Tourangeaux, et pas seulement en bien ! Dans Sténie (1819, œuvre de jeunesse inachevée) il écrit qu’ils sont lâches, dans sa lettre à V. Radier il dit sans détour (malgré après une ouverture plutôt flatteuse) qu’ils sont bêtes, ou encore dans L’Illustre Gaudissart il évoque le caractère moqueur et fainéant (cela serait dû au climat si on croit l’écrivain) du tourangeau : Ainsi le Tourangeau, si remarquable au dehors, chez lui demeure comme l’Indien sur sa natte, comme le Turc sur son divan. Il emploie son esprit à se moquer du voisin, à se réjouir, et arrive au bout de la vie, heureux. […] Quant à la fainéantise, elle est sublime et admirablement exprimée par ce dicton populaire : — Tourangeau, veux-tu de la soupe ? — Oui. — Apporte ton écuelle ? — Je n’ai plus faim. Est-ce à la joie du vignoble, est-ce à la douceur harmonieuse des plus beaux paysages de la France, est-ce à la tranquillité d’un pays où jamais ne pénètrent les armes de l’étranger, qu’est dû le mol abandon de ces faciles et douces moeurs. A ces questions, nulle réponse. La description du Tourangeau peut bien commencer (il est si remarquable au dehors… ), ou être tempérée (ils sont si heureux !), elle n’en reste pas, pour le moins, souvent acerbe (et peu redevable envers ses hôtes réguliers).

Evocation de quelques romans méconnus de Balzac

Balzac est souvent connu pour quelques romans étudiés ici ou là, pour quelques pavés injustement redoutés aussi. Mais la plus grande part de l’œuvre de Balzac, au total une grosse centaine de titres, est constituée de romans courts ou de nouvelles. Parmi lesquels on retrouve :

L’Illustre Gaudissart, une petit roman plutôt drôle dans lequel ce Gaudissart, connu pour être fort à la vente de tout et n’importe quoi, descend à Vouvray où on le fait tourner chèvre. Gaudissart est le seul personnage de Balzac à avoir sa statue sur une place de France. Une petite comédie pas dramatique du tout.

Jésus-Christ en Flandre, bien qu’il dise qu’il faut lire la Comédie humaine à la lumière de deux vérités éternelles : la royauté et la religion, Balzac n’en n’est pas moins critique envers l’une et l’autre, notamment dans ce texte où lors d’un naufrage en Mer du Nord, un homme aux cheveux longs se lève et invite ceux qui ont la foi à le suivre en marchant sur l’eau. Bien entendu les pauvres qui croient, marchent ; l’agnostique surnage ; et les bourgeois et l’évêque coulent à pic.

Une passion dans le désert peut se lire à deux niveaux, un conte presque animalier, ou alors une tendre et sensuelle histoire d’amour entre un soldat et une panthère…

Peines de cœur d’une chatte anglaise est notamment la transposition de la relation que Balzac à eu avec la comtesse Guibodoni-Visconti née Sarah Lovell et dont le Fils Lionel-richard est probablement un des deux enfants (illégitimes) qu’eut Balzac.

Physiologie du mariage. Balzac n’a pas écrit que des romans, il est aussi l’auteur d’un certain nombre de textes pseudo-scientifiques et humoristiques dont quelques-uns (très peu) forment les Etudes analytiques. Le plus célèbre est La Physiologie du mariage, méditations scandaleuses et misogynes sur la femme et le mariage ; ce livre sera premier son succès, celui qui lui ouvrira grâce au scandale justement les portes des salons parisiens.

Voyage de Paris à Java est un des rares récits de voyages qu’a écrit Balzac. L’écrivain dit ne pas aimer ce genre alors à la mode. Ce Voyage est bien entendu imaginaire (Balzac n’est pas allé au delà de l’Ukraine) et plein de poncifs sur ces contrées exotiques elles aussi à la mode.

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