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BALZAC

(par de petites portes)

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La Grenadière

Balzac et Laure de Berny

Elle a été une mère, une famille, un ami, un conseil ; elle a fait l’écrivain, elle a consolé le jeune homme, elle a créé le goût…

(lettre à Mme Hanska,  juillet 1837)

Mme de Berny (1777-1836) une des femmes de la vie de Balzac ; est une des femmes les plus importantes de la vie de Balzac ; est peut-être la femme la plus importante de la vie de Balzac. Lorsque Laure de Berny et Honoré se rencontrent, lui a à peine 20 ans passés, elle déjà presque … 45 ans. A cette époque, la famille de Balzac et la famille de Berny sont voisines à Villeparisis. C’est une femme bien placée, son mari est conseiller à la cour, elle-même est la fille du professeur de harpe de la reine Marie-Antoinette, filleule de cette même reine et du roi qui va avec (Louis XVI, donc). Le jeune Balzac entre donc dans sa vie, d’abord comme précepteur de ses filles, puis il devient un amant de plus en plus pressant ; elle se refuse d’abord au jeune homme, le trouvant trop jeune, notamment. Elle cèdera pour devenir l’amante la plus importante du futur écrivain, écrivain qu’elle contribue à façonner par ses conseils, elle est aussi la figure maternelle qui a manqué à Balzac (elle a 1 ans de plus que Mme de Balzac mère). Et il l’appelle Laure (son prénom usuel est Antoinette, mais Balzac aime l’appeler par son 2è prénom : Laure. Laure, un des prénoms de sa mère, le prénom de sa sœur bien aimée) ; il l’appelle la Dilecta (« l’aimée » en latin) . Il va chez elle à La Bouleaunière près de Nemours. Il l’amène à Saint-Cyr-sur-Loire en Touraine dans une maison nommée la  Grenadière (le roman La Grenadière évoque cette maison à flanc de coteau, avec une belle vue sur la Loire) en 1830 ; de là ils partent pour Le Croisic (à l’époque la Loire se remontait (et se redescendait) en bateau). Il lui dédie Louis Lambert (Et nunc et semper dilectae dicatum / A la chère entre toutes et maintenant et toujours). Enfin, il s’inspire d’elle (et de leur relation) pour camper Mme de Morsauf (et l’intrigue) du Lys dans la vallée, un des (le ?) dernier roman de Balzac qu’elle lit puisque qu’elle meurt l’année même de la parution de ce roman.

Balzac et ses romans évoquant la Touraine

Ne me demandez plus pourquoi j’aime la Touraine ? je ne l’aime ni comme on aime son berceau, ni comme on aime une oasis dans le désert; je l’aime comme un artiste aime l’art; je l’aime moins que je ne vous aime, mais sans la Touraine, peut-être ne vivrais-je plus.

Le Lys dans la vallée

Après Paris, la Touraine et ses environs (Saumur, Issoudun, Sancerre et Vendôme) est la région où Balzac situe le plus de ses romans. Cet ensemble représente une dizaine de romans. Et encore, sans compter ceux qui évoquent la Touraine à un moment ou l’autre comme La Peau de chagrin, La femme de trente ans ou encore  César Birotteau (liste non exhaustive) …Touraine natale et Touraine désirée, luxe, calme et volupté avant l’heure, sans doute. Des romans en Touraine et pas des moindres, Le Lys dans la vallée par exemple, dont pratiquement toute l’action se déroule sur la commune de Saché, dans les petits châteaux environnants, et se terminant même dans la chambre que Balzac occupait lors de ses séjours chez ses hôtes M. et Mme de Margonne (voir…). Le curé de Tours aussi dans lequel l’abbé Birotteau roule sur les pavés (mouillés) des alentours du cloître de la Psalette et de la cathédrale Saint-Gatien.

Moins connus mais tout aussi tourangeaux sont La Grenadière, petite maison sur la commune de Saint-Cyr-sur-Loire et qui offre un panorama sur la Loire et sur la « Capitale » riveraine : La Grenadière est une petite habitation située sur la rive droite de la Loire, en aval et à un mille environ du pont de Tours. En cet endroit, la rivière, large comme un lac, est parsemée d’îles vertes et bordée par une roche sur laquelle sont assises plusieurs maisons de campagne, toutes bâties en pierre blanche, entourées de clos de vigne et de jardins où les plus beaux fruits du monde mûrissent à l’exposition du midi. Balzac connaît bien cette maison, une de ses chimères, qu’il aurait aimé un temps acheter et où il passa quelques semaines avec sa première amante Mme de Berny. Et L’Illustre Gaudissart, fable drolatique et physiologie d’un commis voyageur roublard pris à son propre jeu par les Vouvrillons (habitants de Vouvray).

Et autour, comme un second cercle ou un petit encadré géo-littéraire de personnages romanesques : Eugénie Grandet à Saumur : Louis Lambert à Vendôme : La Muse du département à Sancerre : La Rabouilleuse à Issoudun.

Balzac et quelques lieux où

Quelques lieux ont compté pour Honoré de Balzac. Voici, histoire de mettre quelques images sur des topo-nymie.

Donc il y a la maison la plus connue, celle de la rue Basse à Passy (aujourd’hui rue Raynouard dans le 16e arrondissement de Paris), ses 2 portes pour échapper, dit-on, aux créanciers, sa Mme de Brugnol (gouvernante, prête-nom et amante perfide), ses mots de passe (3 couches à  dire à 3 employés différents, dixit T. Gautier).

En Touraine, le château de Saché comme lieu de repli pour trouver le calme et s’éloigner de l’agitation parisienne.

En Touraine encore, la chimère Montcontour pour y passer quelques mois chaque année avec Mme Hanska.

Si Montcontour reste à l’état de rêve, La Grenadière se situera entre le rêve (de l’acheter) et la réalité (puisque l’écrivain y passe quelques semaines en location avec Mme de Berny).

Frapesle aussi, chateau de l’amie fidèle Zulma Carraud à Issoudun, où Balzac écrit une partie du Lys dans la vallée et dont il réutilise le nom dans le même roman pour loger M. de Chessel et Félix de Vandenesse.

Et, sur la fin,

le château de Mme Hanska et ses quelques 20 000 ha de terres autour. Tout près de Kiev, en Pologne alors, en Ukraine aujourd’hui. Transformé en Lycée agricole apparemment, on y visite les quelques pièces de l’appartement de Balzac.

L’hôtel particulier de la rue Fortunée (rue qui deviendra dès les années 1850 la rue Balzac, l’hôtel est aujourd’hui détruit). Balzac l’achète en vue du mariage avec Mme Hanska, avec l’argent de Mme, aussi. C’est là qu’il est mort en août 1850. L’écrivain était très fier d’y avoir un accès direct à l’église accolée.

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