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BALZAC

(par de petites portes)

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Illusions Perdues

Jay McInerney et Illusions Perdues

« Quand j’ai commencé à écrire sur New York, il y a bien longtemps de cela, j’ai réalisé qu’il n’y avait pas beaucoup de romans américains consacrés aux villes. La littérature américaine s’intéressait à la frontière, aux banlieues résidentielles. Et au même moment, j’ai découvert les grands romans parisiens de Balzac. Beaucoup de ses livres me plaisent, mais Illusions perdues me paraît le plus accompli, avec cette histoire de petit provincial qui va se voir corrompu par la grande ville.

Jay McInerney : « Les livres de ma vie« 


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Dom Mar (5 – Balzac et les dédicaces)

Balzac aime dédicacer ses livres … Un petit envoi à des célébrités … A MONSIEUR VICTOR HUGO. Vous qui, par le privilége des Raphaël et des Pitt, étiez déjà grand poète à l’âge où les hommes sont encore si petits, vous avez, comme Chateaubriand, comme tous les vrais talents, placé au début des Illusions Perdues … bizarre écho à une lettre emportée de Balzac où à propos du même Hugo On est grand poète et petit homme … Facétieux pour George Sand … celle associée à la ruine des maris … à qui il dédie Les Mémoires de deux jeunes mariées légèrement moralisantes puisque sur la place raisonnable de la femme dans la société … A GEORGES SAND. Ceci, cher Georges, ne saurait rien ajouter à l’éclat de votre nom, qui Lire la suite

Des villes : ANGOULÊME –Illusions Perdues

Angoulême est une vieille ville, bâtie au sommet d’une roche en pain de sucre qui domine les prairies où se roule la Charente. Ce rocher tient vers le Périgord à une longue colline qu’il termine brusquement sur la route de Paris à Bordeaux, en formant une sorte de promontoire dessiné par trois pittoresques vallées. L’importance qu’avait cette ville au temps des guerres religieuses est attestée par ses remparts, par ses portes et par les restes d’une forteresse assise sur le piton du rocher. Sa situation en faisait jadis un point stratégique également précieux aux catholiques et aux calvinistes ; Lire la suite

Balzac et les sources d’inspiration

– Mon cher ami, dit madame de la Baudraye en tirant un manuscrit de dessous l’oreiller de sa causeuse, me pardonnerez-vous, dans la détresse où nous sommes, d’avoir fait une nouvelle de ce que vous nous avez dit, il y a quelques jours.

– Tout est de bonne prise dans le temps où nous sommes ; n’avez-vous pas vu des auteurs qui, faute d’inventions, servent leurs propres coeurs et souvent celui de leurs maîtresses au public ! On en viendra, ma chère, à chercher des aventures moins pour le plaisir d’en être les héros, que pour les raconter.

Un Prince de la Bohême

Balzac a écrit énormément, certes les fameux 17 volumes de sa Comédie humaine rédigés en moins de 20 ans. Mais Balzac a aussi écrit de nombreux articles dans les journaux autour de 1830, articles souvent signés de pseudonymes. Et Balzac a aussi produit une dizaine de pièces de théâtre. Et puis il y a les œuvres de jeunesses, une dizaine d’ouvrages supplémentaires et aussi les contes drolatiques et… . Au final, plusieurs milliers de pages, donc, écrites en une petite trentaine d’années. On peut se demander alors d’où vient l’inspiration si fertile du sieur Balzac ? Lire la suite

Balzac et les romans écrits à Saché

J’avais entrepris d’aller à pied de Tours à Saché, vieux reste de château, qui se recommande chaque année à ma mémoire par des souvenirs d’enfance et d’amitié, […].

Extrait de La Scène de village version fossile du Médecin de campagne

[…] la Touraine m’avait si bien ravitaillé que jeudi, vendredi, samedi et dimanche, j’ai conçu les Illusions perdues, et j’en ai écrit les quarante premiers feuillets.

l. à Émile Regnault le 27 juin 1836.

Balzac vient plusieurs fois chez M. de Margonne au château de Saché, une dizaine de fois environ, trouver le calme propice à l’écriture. Balzac y travaille dans sa petite chambre à une dizaine de romans ; à certains parmi ses plus célèbres comme Le Père Goriot ou Illusion Perdues, à d’autres aujourd’hui moins connus comme Louis Lambert ou Maître Cornélius. Mais une constante, il n’en écrit aucun en entier dans ce château.

Le Père Goriot, pour commencer par le plus célèbre, est entamé lors d’un séjour en Touraine en 1834. Au début du roman, on retrouve une description de papier peint évoquant le festin donné au fils d’Ulysse par Calypso : dans la salle à manger du salon, on peut voir une frise, sur le papier, qui représente une scène grecque où un festin … Balzac est un grand observateur de ce qui l’entoure. Balzac est content (euphémisme) de son idée et écrit à sa mère le 24 septembre 1834 c’est une œuvre plus belle encore qu’Eugénie Grandet, du moins, j’en suis plus content.

Pour continuer, l’un des plus épais, Illusions Perdues, conçues et commencées au château. Puis l’histoire du parfumeur César Birotteau corrigée (mais pour Balzac corrigé = réécriture, voir recomposition de passages entiers). Aussi Louis Lambert dont on dit que Balzac se serait (un peu) inspiré d’un voisin du château, fils d’artisan et du nom de … Louis Lambert. Et encore Maître Cornélius (corrigé), Le Cabinet des antiques (terminé), La Scène de village (commencée puis déroutée pour donner Le Médecin de campagne) et le projet inachevé des Petits bourgeois (voir…).

Enfin, comme Balzac avait l’habitude de terminer ses romans par une datation, précisons que Louis Lambert et Maître Cornélius finissent respectivement ainsi : Au Château de Saché, 1832 pour l’un et Au Château de Saché, 1832. Et que Le Père Goriot absolument pas terminé en Touraine est aussi daté : Saché, 1834.

(vers le musée Balzac)

Balzac et Théophile Gautier

Je travaille à La Chronique de Paris qui est maintenant dirigée par Balzac qui est un bon gros porc très plein d’esprit et très agréable à vivre.

(l. de T. Gautier à E. de Nully, 1836)

Parmi les amitiés littéraires chères et constantes de Balzac, on retrouve (outre Victor Hugo) le poète et romancier Théophile Gautier (1811-1872). C’est à la demande de Balzac que les deux hommes vont se rencontrer en 1835 (Jules Sandeau sera l’entremetteur) ; en effet le grand Honoré (il a alors déjà publié ses deux plus grands succès : La Peau de chagrin et Le Père Goriot) a lu Mademoiselle de Maupin (l’héroïne de Beatrix se nomme d’ailleurs Camille Maupin, en référence ?) et souhaite en rencontrer l’auteur. La rencontre se fait donc, puis Balzac propose à Gautier de collaborer à la revue La Chronique de Paris. Balzac a sollicité Gautier à l’occasion, l’invitant à faire avancer quelque projet ou lui demandant des poèmes (cf. La Tulipe dans Illusions Perdues), Balzac étant un piètre versificateur. Gautier, aurait essayé d’initier Balzac aux paradis artificiels dans les années 1840, mais Balzac, peu intéressé par la chose s’est cantonné au café comme drogue. Gautier est l’auteur d’une des premières biographies de Balzac.

Balzac et Victor Hugo

je m’empresse de prévenir Monsieur de Balzac que j’ai une communication à lui faire touchant la proposition qu’il m’a bien voulu apporter l’autre jour […] Si Monsieur de Balzac est toujours dans la même disposition je le prie de vouloir bien venir causer avec moi le plus tôt possible ce soir par exemple, s’il est libre. Je l’attendrai chez moi jusqu’à huit heures […] j’aurai toujours grand plaisir à passer une heure ou deux avec un homme dont j’estime la personne et le talent, quand même ce ne serait que pour causer commerce.

l. de V. Hugo à H. Balzac (29 fév. 1828)

Victor Hugo est finalement le seul des grands écrivains de l’époque avec lequel Balzac va avoir une correspondance suivie. Certes les deux hommes ont leurs caractères mais cela ne les empêche pas de développer une amitié certaine et une admiration littéraire plus ou moins réciproque. Une amitié qui poussera Hugo à venir soutenir Balzac aux premières de ses pièces de théâtre qui ne se passent pas forcément bien (Balzac n’est pas un grand tragédien) ; amitié qui amènera Hugo au chevet de Balzac mourrant (Hugo est une des dernières personnes à voir Balzac vivant, un passage saisissant de ses Choses vues y est consacré, Hugo lui fera aussi un vibrant éloge funèbre). Quant à l’admiration littéraire,  il n’est pas sûr que Hugo n’apprécie plus que de façon courtoise les tragédies de Balzac, comme Balzac, de son côté, n’est pas toujours très flatteur envers l’œuvre d’Hugo (et notamment Ruy Blas). Ce qui n’empêche pas l’écrivain tourangeau de s’effacer de la course à l’Académie Française au profit d’Hugo en 1839 ; en retour, en 1849, Hugo votera pour Balzac. Une relation avec des hauts et des bas ; Balzac accuse (injustement ?) à un moment Victor Hugo d’être à l’origine d’une mauvaise critique, d’où cet emportement balzacien : On est grand poète et petit homme. Balzac s’inspire de Hugo pour créer son personnage de Nathan, modèle de l’écrivain mondain qui réussit dans tous les genres littéraires et qui songe à la politique. Balzac lui dédicace aussi l’un de ses chef-d’œuvres : Illusions perdues.

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