Saché est un débris de château sur l’Indre, dans une des plus délicieuses vallées de Touraine. Le propriétaire, homme de 55 ans, m’a fait jadis sauter sur ses genoux, il a une femme intolérante et dévote, bossue, peu spirituelle, je vais là pour lui, puis j’y suis libre, l’on m’accepte dans le pays comme un enfant, je n’y ai aucune valeur, et je suis heureux d’être là comme un moine dans un monastère.

Lettre à Mme Hanska, mars 1833

M. de Margonne a acheté une maison peinte comme un joujou d’Allemagne et il y a placé dernièrement la petite  magotte  de la Chine que l’on a l’habitude de nommer sa femme.

Lettre à Laure de Surville, 1822

Balzac va se rendre une dizaine de fois à Saché, en Touraine, chez Monsieur de Margonne. Cet homme est un ami (proche  :)) de la famille Balzac (tellement proche qu’il est plus que soupçonné d’être le père d’Henry, le petit (demi-)frère d’Honoré). Dans l’ensemble, Balzac semble apprécier M. de Margonne qui le laisse écrire tranquillement toute la journée dans sa petite chambre. Dans l’ensemble, Balzac semble beaucoup moins apprécier sa femme pour laquelle il aura plusieurs fois des descriptions disons imagées : pour l’écrivain elle est donc bossue, dévote, peu spirituelle, mais il la compare aussi à une magotte de Chine car elle aurait le teint jaune : « et la jaune Mme Margonne est logée rue Verte !… » (1822). Balzac, dans ses lettres comme dans ses romans, sait être sans concession…