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BALZAC

(par de petites portes)

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caricature

Balzac et Louis-Philippe

Balzac écrit sa Comédie Humaine (ses romans presque complets, disons) en moins de 20 ans : entre 1829 et 1848). Louis-Philippe est Roi des Français entre 1830 et 1848, ce qui correspond presque absolument aux mêmes dates. On sait que Balzac veut être un historien des mœurs de son temps, il s’inspire donc beaucoup de cette monarchie (de Juillet) dans laquelle il vit. On retrouve, pour ne citer que les plus connus, des références à cela dans La Peau de chagrin (la crise qui a suivi l’arrivée au pouvoir de Louis-Philippe) et dans Le Père Goriot (l’émergence d’une bourgeoisie d’affaire favorisée par ce Roi qu’on dit Roi-bourgeois au dépend de la noblesse). Balzac, qui est un royaliste (un légitimiste même) affirmé n’aime pourtant pas Louis-Philippe qui ne semble pas être assez royaliste à son goût (puisqu’il se compromet avec la bourgeoisie). Au début des années 1830, comme l’art de la caricature se développe considérablement, Louis-Philippe est attaqué et représenté sous forme de poire (ici au centre de la lithographie) en référence à ses joues tombantes. En 1835, Louis Philippe interdit définitivement qu’on le représente ; les caricaturistes, plutôt que de risquer la prison, se tournent donc vers d’autres personnalités comme les écrivains… et donc Balzac.

  

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Balzac et la caricature

50546_120374021650547_1075830755A la fin du XVIII, une nouvelle presse est inventée, la presse lithographique. Cette presse permet de faire des illustrations plus rapidement qu’avec les bois gravés. Les journaux satiriques vont notamment profiter de cette innovation proposant ainsi pléthore de caricatures. Honoré de Balzac est alors régulièrement la cible de ces caricaturistes ; il faut dire que son physique et son caractère sulfureux en font un bon sujet. Il faut dire aussi qu’il ne fait rien pour fuir la publicité. Il est souvent attaqué pour son physique ingrat et son hygiène de vie approximative. Pour se moquer de lui on le représente sans cou : on passe directement du corps à la tête. Il est aussi attaqué pour son côté mondain. Bling bling avant l’heure, on dit qu’il avait des boutons en or à sa redingote. Une canne avec un pommeau d’or et incrusté de turquoises fait beaucoup parler de lui, « Vous ne sauriez imaginer quel succès a eu ce bijou qui menace d’être européen. Borget qui est revenu d’Italie et qui ne disait pas être mon ami, me contait en riant qu’il en avait entendu parler à Naples et à Rome. Tout le dandysme de Paris en a été jaloux, et les petits journaux en ont été défrayés pendant 6 mois. » dit fièrement l’écrivain. Cette canne est sur-dimensionnée dans certaines caricatures, il est même résumé à sa canne sur l’une d’entre elles, une canne et un ventre, toujours…. Autre attribut le caractérisant, et que l’on retrouve dans les caricatures, sa robe de bure qu’il affectionnait pour ses longues journées de travail et qui est beaucoup plus confortable que la redingote qui le serrait.

Balzac et l’Académie Française

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En 1839 et 1844 paraissent ces deux Caricatures. Intitulées Grande course au clocher académique, elles représentent un certain nombre d’écrivains de ces années-là se présentant devant la porte (close) de l’Académie Française. Sur la première image, on reconnait de droite à gauche Honoré de Balzac (avec cette fameuse canne à pommeau d’or et incrustée de turquoises qui fit tant parler de lui) soutenu par des femmes de quarante ans (en référence à son roman La femme de trente ans, sur la seconde image, la légende est légèrement modifiée : les femmes-cariatides avaient « trente ans il y a dix ans« ).

Puis Alexandre Dumas (père), entouré de chimères, qui commence à repartir comme s’il avait déjà compris qu’il n’entrerait jamais dans cette Académie. Puis Victor Hugo, en bonne place avec Notre-Dame de Paris sur la tête, puis  Alfred de Vigny, impatient, devant la porte.

Sur la seconde image , Victor Hugo est effacé (puisqu’élu en 1841 à l’Académie) et remplacé par Eugène Sue. Mais on retrouve Dumas, Balzac et de Vigny (toujours impatient, il regarde par la serrure). Comme Victor Hugo, A. de Vigny entrera (en 1846), mais pas assez vite à son goût sûrement, et fera un petit scandale avec son discours d’entrée.

A l’inverse, ni Dumas, ni Sue, ni Balzac n’entreront à l’Académie qui à l’époque privilégie les poètes et les tragédiens au dépend des romanciers par encore pris au sérieux.

A noter aussi que Balzac s’éfface 2 fois, au profit de Victor Hugo et d’Alfred de Vigny. Un peu plus tard, en 1849, Balzac se présente encore mais n’obtient que 2 voix (dont celle de Victor Hugo), ce qui est bien sûr plus qu’insuffisant pour entrer dans cette Académie qu’il convoitait pourtant depuis le milieu des années 1830.

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