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BALZAC

(par de petites portes)

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Balzac et Les Petits bourgeois

Mon cher Monsieur Lockroy, je suis parti sur le champ pour la terre de Saché précisément pour ne pas être soumis aux mille dérangements de Paris et faire silencieusement et promptement les Petits Bourgeois ; votre inquiétude est venue m’y trouver au moment où j’ai fini le 1er acte, ainsi je puis vous rassurer ; vous aurez cette comédie à la fin du mois […].

l. à Lockroy, 8 juin 1848

En plus de sa petite centaine de romans, Honoré de Balzac a écrit notamment une dizaine de pièces de théâtre. Et certains de ses romans ont été adaptés pour le théâtre comme Le Père Goriot. En 1843, Balzac commence un roman intitulé Les Petits bourgeois. Projet abandonné en 1844, puis repris en 1846, puis de nouveau et définitivement abandonné. Puis tout de même terminé après la mort de Balzac par Charles Rabou (voir…). En 1848, Honoré de Balzac promet une pièce au directeur du théâtre de la République Joseph-Philippe Lockroy. Balzac reprend le thème et le titre du roman, va à Saché avec l’espoir d’écrire cette pièce. Mais, à cette période, Balzac est très malade et ne trouve finalement pas l’inspiration malgré le café qu’il fait venir de Paris… Mon café est venu de Paris, j’en prenais ici de détestable, et j’attribuais mon incapacité cérébrale à ce mauvais café, je vais voir si Les Petits Bourgeois s’en trouveront mieux. …jusqu’en Touraine. Et malgré l’auto-persuasion qu’il pratique en disant à Lockroy qu’il est en instance de terminer sa pièce alors que Balzac lui-même sait que cela se compromet de plus en plus au fil du temps qui passe. Au final, Balzac ne livrera pas sa pièce dont il n’écrit que le premier acte aujourd’hui disparu et dont il ne reste qu’une liste des personnages et quelques notes. Si le roman et la pièce semblent avoir le même sujet, ils ont aussi le même destin de rester inachevés.

Balzac et le café (l’inspiration)

Dès lors, tout s’agite : les idées s’ébranlent comme les bataillons de la grande armée sur le terrain d’une bataille, et la bataille a lieu. Les souvenirs arrivent au pas de charge, enseignes déployées ; la cavalerie légère des comparaisons se développe par un magnifique galop ; l’artillerie de la logique accourt avec son train et ses gargousses ; les traits d’esprit arrivent en tirailleurs ; les figures se dressent ; le papier se couvre d’encre, car la veille commence et finit par des torrents d’eau noire, comme la bataille par sa poudre noire. J’ai conseillé ce breuvage ainsi pris à un de mes amis qui voulait absolument faire un travail promis pour le lendemain : il s’est cru empoisonné, il s’est recouché, il a gardé le lit comme une mariée. Il était grand, blond, cheveux rares ; un estomac de papier mâché, mince. Il y avait de ma part manque d’observation.

Traité des excitants modernes

Honoré de Balzac est bien connu pour sa consommation de café. On ne peut pas évaluer la quantité qu’il buvait, mais cela doit avoisiner le « énormément ». Pour l’écrivain, l’inspiration est liée à la qualité du café comme l’évoque la citation ci-dessus ou encore cet extrait de lettre (il écrit alors de Saché où le café ne semble pas terrible) : « Les jours ne sont pas assez longs pour moi. Je travaille dès 5 heures jusqu’au dîner. Je prends à 7 heures un œuf et une demi – tasse de café, mais Ô Lobligeois, !… Où es-tu ? Je n’ai pas de grandes inspirations avec ce café ». Un bon café serait donc générateur d’inspiration. Balzac met aussi le café dans son Traité des excitants modernes, petit livre assez fantaisiste où il dit qu’il faut mieux être petit brun et costaud pour boire du café, plutôt que grand blond et maigre, puisqu’alors on risque d’être malade. Néanmoins, dans l’extrait présenté ici, Balzac montre qu’il a bien compris que le café permet de rester éveillé plus longtemps. Il va alors user et abuser de cette boisson d’autant plus indigeste pour sa santé qu’il dit la boire comme ceci : « Il s’agit de l’emploi du café moulu, foulé, froid et anhydre (mot chimique qui signifie peu d’eau ou sans eau) pris à jeun. Ce café tombe dans votre estomac, qui, vous le savez par Brillat-Savarin, est un sac velouté à l’intérieur et tapissé de suçoirs et de papilles ; il n’y trouve rien, il s’attaque à cette délicate et voluptueuse doublure » (Traité des excitants modernes).

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