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BALZAC

(par de petites portes)

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Beatrix

Des villes : GUÉRANDE – Beatrix

Une des villes où se retrouve le plus correctement la physionomie des siècles féodaux est Guérande. Ce nom seul réveillera mille souvenirs dans la mémoire des peintres, des artistes, des penseurs qui peuvent être allés jusqu’à la côte où gît ce magnifique joyau de féodalité, si fièrement posé pour commander les relais de la mer et les dunes, et qui est comme le sommet d’un triangle aux coins duquel se trouvent deux autres bijoux non moins curieux, le Croisic et le bourg de Batz. Après Guérande, il n’est plus que Vitré situé au centre de la Bretagne, Avignon dans le midi qui conservent au milieu de notre époque leur intacte configuration du moyen âge. Encore aujourd’hui, Guérande est enceinte de ses puissantes murailles : ses larges douves sont pleines d’eau, ses créneaux sont entiers, ses meurtrières ne sont pas encombrées d’arbustes, le lierre n’a pas jeté de manteau sur ses tours carrées ou rondes. Elle a trois portes où se voient les anneaux des herses, vous n’y entrez qu’en passant sur un pont-levis de bois ferré qui ne se relève plus, mais qui pourrait encore se lever. La Mairie a été blâmée d’avoir, en 1820, planté des peupliers le long des douves pour y ombrager la promenade. Elle a répondu que, depuis cent ans, du côté des dunes, la longue et belle esplanade des fortifications qui semblent achevées d’hier avait été convertie en un mail, ombragé d’ormes sous lesquels se plaisent les habitants. Là, les maisons n’ont point subi de changement, elles n’ont ni augmenté ni diminué. Nulle d’elles n’a senti sur sa façade le marteau de l’architecte, le pinceau du badigeonneur, ni faibli sous le poids d’un étage ajouté. Toutes ont leur caractère primitif. Lire la suite

Balzac et Théophile Gautier

Je travaille à La Chronique de Paris qui est maintenant dirigée par Balzac qui est un bon gros porc très plein d’esprit et très agréable à vivre.

(l. de T. Gautier à E. de Nully, 1836)

Parmi les amitiés littéraires chères et constantes de Balzac, on retrouve (outre Victor Hugo) le poète et romancier Théophile Gautier (1811-1872). C’est à la demande de Balzac que les deux hommes vont se rencontrer en 1835 (Jules Sandeau sera l’entremetteur) ; en effet le grand Honoré (il a alors déjà publié ses deux plus grands succès : La Peau de chagrin et Le Père Goriot) a lu Mademoiselle de Maupin (l’héroïne de Beatrix se nomme d’ailleurs Camille Maupin, en référence ?) et souhaite en rencontrer l’auteur. La rencontre se fait donc, puis Balzac propose à Gautier de collaborer à la revue La Chronique de Paris. Balzac a sollicité Gautier à l’occasion, l’invitant à faire avancer quelque projet ou lui demandant des poèmes (cf. La Tulipe dans Illusions Perdues), Balzac étant un piètre versificateur. Gautier, aurait essayé d’initier Balzac aux paradis artificiels dans les années 1840, mais Balzac, peu intéressé par la chose s’est cantonné au café comme drogue. Gautier est l’auteur d’une des premières biographies de Balzac.

Balzac et George Sand

Je lui jetais presque son livre au nez. Je me souviens que, comme je le traitais de gros indécent, il me traita de prude et sortit en me criant sur l’escalier : « Vous n’êtes qu’une bête! »

(George Sand dans  Histoire de ma vie)

En 1832, au moment de cette joute verbale entre George Sand et Honoré de Balzac, les deux écrivains sont au début de leur carrière (Balzac veut alors forcer sa consoeur à lire les rabelaisiens Contes drolatiques, ce qui entraînera cet échange d’amabilités) et d’une relation (platonique) qui durera jusqu’à la mort du grand (sic) Honoré.

G. Sand et H. de Balzac se rencontrent à Paris en 1831 par l’intermédiaire de Jules Sandeau (autre romancier de l’époque et qui donnera son nom à Sand et qui co-écrit sous le nom de Jules Sand, à 4 mains avec la future George, le roman Rose et Blanche). G. Sand sera à l’origine de plusieurs romans de Balzac (ceux sur la musique ou La muse du département par exemple). En 1838, Balzac va jusque chez George Sand à Nohant, dans le Berry où ils discutent beaucoup. Il dit alors : J’ai plus vécu pendant ces trois ou quatre causeries, le mors aux dents, que je n’avais vécu depuis longtemps. Il reviendra du Berry avec un roman presque tout fait, Beatrix, où il raconte, suite à des confidences de G. Sand, la relation entre le pianiste Liszt (Conti dans le roman) et Marie d’Agoult (Beatrix dans le roman). On y reconnaît aussi George Sand sous les trait de Félicité des Touches (artiste et écrivain dont le pseudonyme est Camille Maupin), une femme très masculine, s’habillant en pantalon, fumant le houka (tout cela caractérise la réelle George Sand) et … conseillant les romans d’une certaine George Sand à son beau protégé, Calyste.

A voir sur ce thème :

• La correspondance de George Sand, annoté par G. Lubin

• Sur les relations entre Balzac et Sand : cette page Facebook : Mon cher George

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