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(par de petites portes)

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Avant-propos

L’Avant-propos à La Comédie humaine

Honoré de Balzac a déjà écrit une bonne partie (les 2/3) de ses romans lorsqu’il  se penche sérieusement sur l’idée de les regrouper sous le titre de Comédie humaine. Ce n’est pas une idée pré-éxistante, mais une idée qui se développe au fil des années. Néanmoins, il y a quelques signes précurseur comme les regroupements de romans sous des titres qu’il réutilisera (plus ou moins) comme Les Contes philosophiques ou Les Scènes de la vie privée. & les fameux personnages reparaissant afin de lier tout cela, de faire comme diront Hugo ou Sand de cet ensemble un grand livre. Au début de cette mise en Comédie humaine, en 1842, Balzac propose un Avant-propos explicatif de son projet. Il y dit notamment qu’il veut-être historien des mœurs, ne cite que très peu les romanciers (Walter Scott) mais abondamment les scientifiques (Buffon, Cuvier, Geoffroy Saint-Hilaire…) faisant pencher son œuvre au moins autant du côté de la science que du côté de la littérature romanesque. Comme je l’ai préparé pour le mettre dans ma liseuse, (le texte original a été piqué ici) voici cet Avant-propos très instructif.

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Balzac et l’histoire (et les sciences «molles»)

En lisant les sèches et rebutantes nomenclatures de faits appelées histoires, qui ne s’est aperçu que les écrivains ont oublié, dans tous les temps, en Egypte, en Perse, en Grèce, à Rome, de nous donner l’histoire des moeurs.

[…]

En dressant l’inventaire des vices et des vertus, en rassemblant les principaux faits des passions, en peignant les caractères, en choisissant les événements principaux de la Société, en composant des types par la réunion des traits de plusieurs caractères homogènes, peut-être pouvais-je arriver à écrire l’histoire oubliée par tant d’historiens, celle des moeurs.

Avant propos (1842)

Balzac fait partie des romanciers, des plus grands romanciers même de l’histoire de la littérature. Balzac se considérait comme romancier, mais pas que. Son projet littéraire, sa Comédie Humaine, allait bien au-delà de cela, vers les sciences humaines, et notamment vers l’histoire des mœurs. Historien et sociologue avant l’heure alors, scientifique des sciences humaines. En 1842, au moment de publier pour la première fois sa Comédie humaine, il rédige un Avant propos dans lequel il s’explique : il veut être naturaliste de l’espèce humaine (Il a donc existé, il existera donc de tout temps des Espèces Sociales comme il y a des Espèces Zoologiques. Si Buffon a fait un magnifique ouvrage en essayant de représenter dans un livre l’ensemble de la zoologie, n’y avait-il pas une œuvre de ce genre à faire pour la Société ? écrit-il toujours dans l’Avant propos), il veut être historien de son époque (Le hasard est le plus grand romancier du monde : pour être fécond, il n’y a qu’à l’étudier. La Société française allait être l’historien, je ne devais être que le secrétaire. Ibid.) en se plaçant modestement (il sait l’être… parfois, modeste) comme secrétaire de cette histoire. D’ailleurs, quasiment tous les romans écrits par Balzac se déroulent entre 1800 et 1845, à peu d’exceptions près, ils sont donc contemporains à leur écrivain et à son époque. Voilà pourquoi de longues descriptions dans cette œuvre immense : pour faire le panorama de son temps, des paysages (il devient alors géographe) et des caractères, voilà pourquoi des détails jusqu’aux descriptions de papiers-peints. Mais Balzac n’a pas la rigueur de l’historien et son versant romancier reprend souvent le dessus, l’histoire romanesque reprend le dessus sur la réalité de l’histoire des mœurs.

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