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BALZAC

(par de petites portes)

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Académie Française

Balzac et Victor Hugo

je m’empresse de prévenir Monsieur de Balzac que j’ai une communication à lui faire touchant la proposition qu’il m’a bien voulu apporter l’autre jour […] Si Monsieur de Balzac est toujours dans la même disposition je le prie de vouloir bien venir causer avec moi le plus tôt possible ce soir par exemple, s’il est libre. Je l’attendrai chez moi jusqu’à huit heures […] j’aurai toujours grand plaisir à passer une heure ou deux avec un homme dont j’estime la personne et le talent, quand même ce ne serait que pour causer commerce.

l. de V. Hugo à H. Balzac (29 fév. 1828)

Victor Hugo est finalement le seul des grands écrivains de l’époque avec lequel Balzac va avoir une correspondance suivie. Certes les deux hommes ont leurs caractères mais cela ne les empêche pas de développer une amitié certaine et une admiration littéraire plus ou moins réciproque. Une amitié qui poussera Hugo à venir soutenir Balzac aux premières de ses pièces de théâtre qui ne se passent pas forcément bien (Balzac n’est pas un grand tragédien) ; amitié qui amènera Hugo au chevet de Balzac mourrant (Hugo est une des dernières personnes à voir Balzac vivant, un passage saisissant de ses Choses vues y est consacré, Hugo lui fera aussi un vibrant éloge funèbre). Quant à l’admiration littéraire,  il n’est pas sûr que Hugo n’apprécie plus que de façon courtoise les tragédies de Balzac, comme Balzac, de son côté, n’est pas toujours très flatteur envers l’œuvre d’Hugo (et notamment Ruy Blas). Ce qui n’empêche pas l’écrivain tourangeau de s’effacer de la course à l’Académie Française au profit d’Hugo en 1839 ; en retour, en 1849, Hugo votera pour Balzac. Une relation avec des hauts et des bas ; Balzac accuse (injustement ?) à un moment Victor Hugo d’être à l’origine d’une mauvaise critique, d’où cet emportement balzacien : On est grand poète et petit homme. Balzac s’inspire de Hugo pour créer son personnage de Nathan, modèle de l’écrivain mondain qui réussit dans tous les genres littéraires et qui songe à la politique. Balzac lui dédicace aussi l’un de ses chef-d’œuvres : Illusions perdues.

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Balzac et l’Académie Française

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En 1839 et 1844 paraissent ces deux Caricatures. Intitulées Grande course au clocher académique, elles représentent un certain nombre d’écrivains de ces années-là se présentant devant la porte (close) de l’Académie Française. Sur la première image, on reconnait de droite à gauche Honoré de Balzac (avec cette fameuse canne à pommeau d’or et incrustée de turquoises qui fit tant parler de lui) soutenu par des femmes de quarante ans (en référence à son roman La femme de trente ans, sur la seconde image, la légende est légèrement modifiée : les femmes-cariatides avaient « trente ans il y a dix ans« ).

Puis Alexandre Dumas (père), entouré de chimères, qui commence à repartir comme s’il avait déjà compris qu’il n’entrerait jamais dans cette Académie. Puis Victor Hugo, en bonne place avec Notre-Dame de Paris sur la tête, puis  Alfred de Vigny, impatient, devant la porte.

Sur la seconde image , Victor Hugo est effacé (puisqu’élu en 1841 à l’Académie) et remplacé par Eugène Sue. Mais on retrouve Dumas, Balzac et de Vigny (toujours impatient, il regarde par la serrure). Comme Victor Hugo, A. de Vigny entrera (en 1846), mais pas assez vite à son goût sûrement, et fera un petit scandale avec son discours d’entrée.

A l’inverse, ni Dumas, ni Sue, ni Balzac n’entreront à l’Académie qui à l’époque privilégie les poètes et les tragédiens au dépend des romanciers par encore pris au sérieux.

A noter aussi que Balzac s’éfface 2 fois, au profit de Victor Hugo et d’Alfred de Vigny. Un peu plus tard, en 1849, Balzac se présente encore mais n’obtient que 2 voix (dont celle de Victor Hugo), ce qui est bien sûr plus qu’insuffisant pour entrer dans cette Académie qu’il convoitait pourtant depuis le milieu des années 1830.

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