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BALZAC

(par de petites portes)

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Atlas Balzac

BALZAC AU CENTRE ou quand le territoire est parsemé de romans (biographies parallèles)

Julien Gracq dans ses Lettrines 2 annonce :

comme la Touraine est balzacienne

Elargissons le dit de Gracq à la région Centre : ajoutons au Lys dans la vallée, au Curé de Tours, à La Grenadière, à L’Illustre Gaudissart – les tourangeaux – ajoutons donc la berrichonne Rabouilleuse, la Sancerroise Muse du département, les Vendômois Louis Lambert & Grande Bretèche

Le territoire est parsemé de romans !

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Balzac, le voyage et les Anglais

Balzac n’est jamais allé en Angleterre. Cela ne l’empêche pas d’avoir quelques a priori sur ces îliens.
Si les Français ont autant de répugnance que les Anglais ont de propension pour les voyages, peut-être les Français et les Anglais ont-ils raison de part et d’autre. On trouve partout quelque chose de meilleur que l’Angleterre, tandis qu’il est excessivement difficile de retrouver loin de la France les charmes de la France. Les autres pays offrent d’admirables paysages, ils présentent souvent un comfort supérieur à celui de la France, qui fait les plus lents progrès en ce genre. Ils déploient quelquefois une magnificence, une grandeur, un luxe étourdissants ; ils ne manquent ni de grâce ni de façons nobles, mais la vie de tête, l’activité d’idées, le talent de conversation et cet atticisme si familiers à Paris ; mais cette soudaine entente de ce qu’on pense et de ce qu’on ne dit pas, ce génie du sous-entendu, la moitié de la langue française, ne se rencontrent nulle part.
Honorine (1844)

Balzac et Rabelais (et Tours)

Balzac aimait bien Rabelais, il le cite, y fait référence, va jusqu’à reprendre le pseudo de l’écrivain de la Renaissance (Alcofribas) pour signer un article de journal. En hommage (?) Balzac écrit dans les années 1830 une série de contes écrits en simili-ancien-français : Les Contes drôlatiques (encore une référence à Rabelais, aux Songes drôlatiques (mais qui ne seraient en fait pas de Rabelais)). C’est grivois, c’est pas facile à lire, et ça se passe pas mal en Touraine.

Tours ha été et sera touiours les pieds dedans la Loire, comme une jolie fille qui se baigne et joue avecque l’eaue, faisant flic flac en fouettant les ondes avecque ses mains blanches; car ceste ville est rieuse, rigolleuse, amoureuse, fresche, fleurie, perfumée mieux que toutes les aultres villes du monde qui ne sont pas tant seullement dignes de lui paigner ses cheveulx, ni de luy nouer sa saincture…

Contes drôlatiques , L’Apostrophe

Balzac et l’Orient

« en France, il est extrêmement rare, pour ne pas dire impossible, de rencontrer les trente fameuses perfections décrites en vers persans sculptés, dit-on, dans le sérail, et qui sont nécessaires à une femme pour être entièrement belle. […] Esther eût remporté le prix au sérail, elle possédait les trente beautés harmonieusement fondues. »
Splendeurs et misères des courtisanes

Dans sa préface aux « Orientales », Victor Hugo note en 1829 : « l’Orient est devenu une préoccupation générale ». De fait, les événements politiques et les transformations économiques entraînent un nouveau regard sur l’Orient dans la première moitié du XIXe siècle.

Balzac connaît peu de choses de l’Orient. Il ne fait ni voyages, ni recherches, ni lectures personnelles. Il s’agit avant tout d’un Orient rêvé, commun à de nombreux artistes et écrivains romantiques, tout droit sorti des « Mille et Une Nuits » et qui recoupe largement l’Asie.

Si on ne trouve pas d’allusions directes à l’Orient dans l’œuvre de Balzac, on peut néanmoins répertorier des fragments qui constituent un orientalisme balzacien dialoguant volontiers avec les peintures de Delacroix. Plusieurs constantes définissent cet Orient mythique : le calme de ses « peuplades » (par opposition au tumulte parisien), le fantasme du harem, la toute-puissance des hommes, la volupté des femmes orientales ou encore le danger des passions.

Balzac et les européens

Balzac a voyagé, un peu ; ce ne fut pas ce qu’on appelle un grand voyageur, mais il traversa tout de même l’Europe, une fois pour aller rejoindre Mme Hanska à Saint-Pétersbourg, une fois pour rejoindre Mme Hanska chez elle, en Ukraine (la Pologne à l’époque), à Wierzchownia. Cette Mme Hanska fit voyager Balzac ; ils se retrouvèrent à Genève, à Vienne, à Dresde. Un autre voyage, une mascarade plutôt, fut aussi dû à une femme, la comtesse de Guibodoni-Visconti, une anglaise mariée à un italien ; pour elle, il alla régler quelques affaires dans la botte, il partit avec une femme déguisée en homme, en page ; mais ce déguisement n’abusa personne, et la supercherie fit parler ; par ailleurs, la femme en question fut ravie qu’on la prenne pour George Sand.

Balzac a donc parcouru l’Europe et sa culture, en a mis dans ses romans. On retrouve les brumes romantiques de l’Allemagne dans L’Auberge rouge, on croise Dante en exil à Paris dans Les Proscrits, un Jésus Christ contemporain marchant sur l’eau entre l’île de Cadzant (aujourd’hui disparue) et la côte des Flandres dans Jésus Christ en Flandres, on philosophe avec le suédois Swedenborg dans Louis Lambert, on cite Lord Byron ou Goethe dans Modeste MignonNe m’avez-vous pas dit de Byron et de Goethe qu’ils étaient deux colosses d’égoïsme et de poésie ? ») on déguste des glaces italiennes dans Massimilia Doni, on imagine la Norvège à partir du déjà imaginaire (voir mythique) Séraphîta, et caetera…, et caetera…. Lire la suite

Balzac et le voyage

J’ai tout vu en amateur et en poète

H. de Balzac, Voyage de Paris à Java

Disons le voyage. Être en mouvement vers ailleurs, ou, être ailleurs.
Balzac voyage, pour retrouver Mme Hanska, l’amour de sa vie ; pour affaires ; pas pour se documenter particulièrement pour ses romans, même s’il place dans certains romans des voyages qu’il vient de faire : Guérande dans Béatrix, Le Croisic dans Un drame au bord de la mer, la Grande Chartreuse dans Le Médecin de campagne… Peut-être, un des rares, pour Le Dernier chouan ou la Bretagne en 1800, il se déplace à Fougère, chez l’ami Pommereul, pour se documenter. Peut-être qu’aussi pour Le Député d’Arcis, il y va à Arcis. Pour  les affaires donc, pour celles des autres (l’Italie pour le compte de la Comtesse (et amante) Guidoboni-Visconti), pour les siennes, vers la Sardaigne et une mine d’argent qu’il voudrait exploiter (mais finalement non) en passant par la Corse de l’admiré Napoléon.
Ce qui fait voyager Balzac, ce sont les femmes, le plus souvent. Les amies telle Zulma Carraud qu’il retrouve à Angoulême ou Issoudun, les autres amantes ou les prétendues (respectivement Mme de Berny en Touraine puis en bateau sur la Loire jusque Nantes, Mme de Castrie en Suisse) et surtout Mme Hanska pour laquelle il traverse plusieurs fois l’Europe, vers le Nord et Saint-Pétersbourg (en bateau notamment à travers les mers septentrionales du continent, vers Berlin ou Vienne, vers la Suisse (plusieurs fois les amants se retrouvent à la barbe de M. le comte cocu Hanski), vers l’est et wierzchownia (une dizaine de jour de voyage alternant trains et chevaux).
Si Balzac voyage, il n’écrit ni ne décrit ses voyages (mais il réutilise ce qu’on appellera des micros-voyages comme celui qu’il fait faire à Felix dans Le Lys dans la vallée). De Venise 3 lignes pour dire que c’est beau, en gros, par exemple. Juste un voyage vers l’aimée, la Lettre sur Kiew restée inédite à l’époque. Et une affabulation, le Voyage de Paris à Java (où il n’est bien entendu jamais allé).

Des villes : NEMOURS – Ursule Mirouët

En entrant à Nemours du côté de Paris, on passe sur le canal du Loing, dont les berges forment à la fois de champêtres remparts et de pittoresques promenades à cette jolie petite ville. Depuis 1830, on a malheureusement bâti plusieurs maisons en deçà du pont. Si cette espèce de faubourg s’augmente, la physionomie de la ville y perdra sa gracieuse originalité. […] Du côté du Gâtinais, Nemours est dominé par une colline le long de laquelle s’étendent la route de Montargis et le Loing. L’église, sur les pierres de laquelle le temps a jeté son riche manteau noir, car elle a sans doute été rebâtie au quatorzième siècle par les Guise, pour lesquels Nemours fut érigé en duché-pairie, se dresse au bout de la petite ville, au bas d’une grande arche qui l’encadre. Pour les monuments comme pour les hommes, la position fait tout. Ombragée par quelques arbres, et mise en relief par une place proprette, cette église solitaire produit un effet grandiose.

Dom Mar (4 – la géographie et le lieu)

Une visiteuse qui vient de Saumur, évoque Saumur, « vous savez que la maison d’Eugénie Grandet existe vraiment dans cette ville ! » … Balzac est géographe, il décrit, épuise les lieux, parfois ! souvent ! toujours ? … Sans Sandeau probablement pas de George Sand, et sans Sand, pas de Beatrix, de Muse du département ni de Gambara ou de Massimillia Doni, ce qui aurait légèrement amputé La Comédie humaine de l’ami Balzac. Par contre, d’Eugénie G., si, probablement … il y a une idée géographique … « J’ai tâché de donner une idée des différentes contrées de notre beau pays. Mon ouvrage a sa géographie comme il a sa généalogie et ses familles, ses lieux et ses choses, ses personnes et ses faits » explique-t’il dans l’Avant-proposLire la suite

Des villes : GUÉRANDE – Beatrix

Une des villes où se retrouve le plus correctement la physionomie des siècles féodaux est Guérande. Ce nom seul réveillera mille souvenirs dans la mémoire des peintres, des artistes, des penseurs qui peuvent être allés jusqu’à la côte où gît ce magnifique joyau de féodalité, si fièrement posé pour commander les relais de la mer et les dunes, et qui est comme le sommet d’un triangle aux coins duquel se trouvent deux autres bijoux non moins curieux, le Croisic et le bourg de Batz. Après Guérande, il n’est plus que Vitré situé au centre de la Bretagne, Avignon dans le midi qui conservent au milieu de notre époque leur intacte configuration du moyen âge. Encore aujourd’hui, Guérande est enceinte de ses puissantes murailles : ses larges douves sont pleines d’eau, ses créneaux sont entiers, ses meurtrières ne sont pas encombrées d’arbustes, le lierre n’a pas jeté de manteau sur ses tours carrées ou rondes. Elle a trois portes où se voient les anneaux des herses, vous n’y entrez qu’en passant sur un pont-levis de bois ferré qui ne se relève plus, mais qui pourrait encore se lever. La Mairie a été blâmée d’avoir, en 1820, planté des peupliers le long des douves pour y ombrager la promenade. Elle a répondu que, depuis cent ans, du côté des dunes, la longue et belle esplanade des fortifications qui semblent achevées d’hier avait été convertie en un mail, ombragé d’ormes sous lesquels se plaisent les habitants. Là, les maisons n’ont point subi de changement, elles n’ont ni augmenté ni diminué. Nulle d’elles n’a senti sur sa façade le marteau de l’architecte, le pinceau du badigeonneur, ni faibli sous le poids d’un étage ajouté. Toutes ont leur caractère primitif. Lire la suite

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