Les personnages, outre le classement rigoureux des romans et la volonté d’être historien des mœurs de son temps,  sont des grands traits de la Comédie humaine d’Honoré de Balzac. Il en présente environ 2500 dans sa petite centaine de romans et nouvelles qui composent cette œuvre. Et il en fait revenir régulièrement un certain nombre, plus de 570 qui apparaissent et réapparaissent au gré des livres. Nous retrouvons ainsi de belles figures d’hommes de droit (Maître Derville dans Le Colonel Chabert, Gobseck…), de médecins (le plus célèbre est Bianchon dans Le Père Goriot et une vingtaine d’autres), d’homme d’Eglise (l’Abbé Birotteau dans Le Curé de Tours et Le Lys dans la vallée), d’hommes politiques ambitieux (Rastignac qui revient environ 25 fois), de banquier (de Nucingen est aussi un de ceux qui revient le plus souvent, autour d’une trentaine de fois). Balzac, dans son Avant-propos de 1842, dit en substance « comme Buffon classe les animaux, moi je vais classer le genre humain », et nous dresse donc un portrait ce genre humain par grands types. Balzac est un naturaliste de l’espèce humaine comme l’évoque l’illustration de Gustave Doré où on voit l’écrivain qui pique des être humains comme d’autres des papillons et qui les observe à la loupe. Balzac était, semble-t’il, doté de 2 qualités nécessaires à ses ambitions de romancier et d’historien : une grande mémoire et un sens aigu de l’observation. Il sait alors se mettre dans la peau de ses personnages, les hommes comme les femmes, les avoués comme les courtisanes.

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