“ il y a ce diable d’amour du travail ; ce nouveau genre de travail m’a si bien chauffé la tête malgré moi, que je ne rêve plus que théâtre et ne vois plus mes idées que sous cette forme. ” (George Sand à Bocage, 25 juillet 1851, Correspondance, t. X, p. 382)

Œuvres et succès. Le théâtre occupe une place importante dans la société du XIXè siècle. Plus encore qu’avoir du succès en littérature, c’est sur les planches qu’il fait bon avoir de la reconnaissance ; et puis l’argent y arrive plus rapidement. Balzac et Sand ne s’y trompent pas, s’essayant tous les deux à ce genre littéraire. Avec plus ou moins de succès (souvent moins que plus pour Balzac, moins mitigé pour Sand).

Comme celle de Balzac, l’œuvre théâtrale de George Sand est relativement méconnue. Elle se compose de 31 pièces écrites dont 22 jouées ; pièces plutôt écrites dans la seconde moitié de sa carrière littéraire, entre 1849 et 1870 (à l’exception de Cosima qui date d’avant, de 1840). François Le Champi (1849), Le Marquis de Villemer* (1860) sont ses grands succès. Elle adapte aussi certains de ses romans comme, outre François Le Champi, Mauprat (1853) et La Petite Fadette (1869). Notons que Dumas fils lui apportera aide et conseils pour certains de ces textes.

Nohant. La maison berrichonne sert de lieu d’expérimentation pour l’écriture théâtrale de Sand. Cela commence en 1846, Chopin improvise au piano pendant que les jeunes gens miment des scènes. Après le départ de Chopin, Maurice prolonge le divertissement, découpant, sculptant, coloriant des marionnettes. Et en 1847, c’est le début du jeu des marionnettes. En 1851, George Sand écrit à Pauline Viardot : « Nous menons une vie de cabotins. Nohant n’est plus Nohant, c’est un théâtre… ». Cette même année 1851, elle fait construire un véritable théâtre de marionnettes pour son fils. S’en est alors sort jeté du théâtre qui prend une place de plus en plus importante dans la vie de la maisonnée. On écrit, on décore, on joue. On invite les voisins, les amis à regarder, à jouer aussi. Important ce petit (grand) théâtre : il est pour George Sand un lieu d’apprentissage avant de passer au théâtre réel. Elle essaye ses pièces sur les tréteaux de son château avant de passer à ceux de Paris.

Dans les romans. Le théâtre parlé ou chanté fourni l’argument de quelques-unes de ses œuvres majeures : Consuelo (1842-1844), Le Château des Désertes (1851) par exemple. On retrouve aussi des marionnettes dans le projet de roman (exaltant le républicanisme, mais finalement édulcoré pour cause d’arrivée au pouvoir de Louis-Napoléon Bonaparte) Le Diable aux Champs (1851). Au début de ce roman, on retrouve Ralph d’Indiana (qui vient avec Indiana et ses deux filles s’installer à Paris) et Jacques de Jacques, puis plus loin Germain et Pierre de La Mare au diable… retour des personnages…

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* Roman à l’origine, il attaque le quasi-monopole de l’enseignement féminin par les congrégations (dont certaines mirent l’œuvre de Sand à l’index). Cette pièce adaptée par G. Sand n’est pas accueillie dans la sérénité « on m’annonce une cabale des jésuites » écrit elle alors à son fils. «  de mémoire d’homme, l’Odéon n’a vu une pareille rage » ajoute-t’elle. Dès 10h du matin, le jour de la première, une foule se masse aux portes du théâtre. Ce succès n’est pas seulement dû à George Sand mais aussi à une hostilité envers les jésuites qu’on moque alors. Après la pièce, la police dû intervenir pour disperser les manifestants.

Cette notice a été élaborée à partir de George Sand et les arts (sous la direction de M. Caors, 2005) et du site http://www.georgesand.culture.fr/

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