Tu sais ce qui peut tripler mes forces.

Le Père Goriot

Je vis trois fois 

l. à Mme Hanska mai 1846

Officiellement, Honoré de Balzac n’a pas eu d’enfants. Il a failli, avec Mme Hanska en 1846 (il ne sont donc alors pas mariés). Balzac est enthousiaste à l’idée de cette paternité ; Pense à tout le bonheur que tu portes, que tu donnes. (LH 3/08/1846) écrit-il à sa future femme en août 1846. Le prénom est déjà choisi: ce sera Victor-Honoré. Mais l’enfant naîtra mort-né, ce qui désolera l’écrivain au moins autant qu’il était impatient. Et l’enfant en question n’était pas un garçon mais une fille. Donc pas de descendance du nom de Balzac du côté d’Honoré. Officieusement par contre… officieusement, Balzac aurait eu deux enfants, au milieu des années 1830 ; c’est lui qui l’évoque, il faut souvent se méfier de ce qu’il dit. En 1834, en juin, naît Marie, fille de Maria du Fresnay, une gentille personne, la plus naïve créature qui soit tombée comme une fleur du ciel. Balzac donnera à cette Marie un Christ de Girardon auquel il tenait beaucoup. Second enfant présumé, un certain Lionel-Richard, né en mai 1835, et fils de la comtesse Guidoboni-Visconti. Bien entendu ce jeune homme a un père officiel, noble de surcroît, et Balzac ne peut pas le reconnaître. Peut-on faire un parallèle entre ces partenités et les préoccupations parternelles évoquées dans Le Père Goriot ? Toujours est-il que Balzac écrit et publie ce roman ces mêmes années 1834 et 1835, qu’il fait dire Je vis trois fois au Père Goriot… et qu’il écrit une dizaine d’années plus tard Tu sais ce qui peut tripler mes forces. à Eve Hanska.

 

Advertisements