Si Honoré de Balzac entretient des relations chaotiques avec sa mère, c’est à priori moins le cas avec son père. Mais il faut préciser qu’à l’époque les pères s’occupent relativement peu de leurs enfants, souvent absorbés par leur carrière. C’est le cas pour Bernard-François de Balzac (1746-1829), fils d’une vieille famille de paysans du Tarn, et qui connaît une importante ascension sociale (qui le mènera à la Mairie de Tours où il adjoint de 1803 à 1808 et à Paris dans les subsistances militaires). Dans les années 1770, il change son nom  de Balssa en un Balzac plus élégant, puis en 1802 il s’arroge la particule (Honoré attendra presque 30 ans pour utiliser cette particule). Il épouse celle qui deviendra la mère du futur écrivain en 1797, il a alors 51 ans et elle 19 (un mariage de convenance duquel naîtront 4 enfants en comptant Henry l’adultérin). Il a un certain goût pour la littérature (Rabelais, Montaigne) et même pour l’écriture, mais l’écriture de ‘mémoires’ sur par exemple les obligations à remplir par les Français ou encore le scandaleux désordre causé par les jeunes filles trompées et abandonnées dans un absolu dénuement. Si Honoré écrit en 1836 que sans la Révolution, il aurait fait une haute fortune sous la vieille monarchie, qu’il a vu crouler. [qu]’il a modestement achevé une vie commencée avec quelques espérances, c’est que, brisé par la Révolution, il s’est trouvé loin des affaires […], cet homme sait néanmoins s’adapter aux différents régimes. Visionnaire (?), il propose en 1809 d’élever entre le Louvre et les Tuileries une pyramide à la gloire de Napoléon.  Avec la Restauration, il sait retourner sa veste pour proposer une statue équestre à la mémoire de Henri IV.

Publicités