A sa droite, le voyageur embrasse d’un regard toutes les sinuosités de la Cise, qui se roule, comme un serpent argenté, dans l’herbe des prairies auxquelles les premières pousses du printemps donnaient alors les couleurs de l’émeraude. […] Le voyageur aperçoit devant lui […] une chaîne de rochers qui, par une fantaisie de la nature, paraît avoir été posée pour encaisser le fleuve dont les flots minent incessamment la pierre, spectacle qui fait toujours l’étonnement du voyageur.

La Femme de trente ans (commencé vers 1830)

Ce chemin, qui débouche sur la route de Chinon, bien au delà de Ballan, longe une plaine ondulée sans accidents remarquables, jusqu’au petit pays d’Artanne. Là se découvre une vallée qui commence à Montbazon, finit à la Loire, et semble bondir sous les châteaux posés sur ces doubles collines ; une magnifique coupe d’émeraude au fond de laquelle l’Indre se roule par des mouvements de serpent. A cet aspect, je fus saisi d’un étonnement voluptueux que l’ennui des landes ou la fatigue du chemin avait préparé.

Le Lys dans la vallée (1836)

Balzac est un des plus grands écrivains français, c’est un fait. Mais cela n’empêche pas qu’on retrouve certaines faiblesses dans cette œuvre complexe qu’est La Comédie humaine. Balzac est parfois dépassé par sa création, se trompant dans le retour de certains personnages ou collant sous un même titre plusieurs textes assez différents qui ne forment au final qu’un ensemble assez hétéroclite et peu gracieux (cette fameuse Femme de trente ans regroupe par exemple 6 nouvelles lissées). Aussi, Balzac n’hésite pas à se plagier comme dans les extraits présentés ci-avant. Certes les deux passages se passent en Touraine, donc on pourra dire que c’est une caractéristique des paysages de par ici, mais tout de même il y a beaucoup de ressemblances, les rivières  se roulent comme des serpents, dans un environnement couleur d’émeraude, et les 2 fois le voyageur subit l’étonnement…

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