Je lui jetais presque son livre au nez. Je me souviens que, comme je le traitais de gros indécent, il me traita de prude et sortit en me criant sur l’escalier : « Vous n’êtes qu’une bête! »

(George Sand dans  Histoire de ma vie)

En 1832, au moment de cette joute verbale entre George Sand et Honoré de Balzac, les deux écrivains sont au début de leur carrière (Balzac veut alors forcer sa consoeur à lire les rabelaisiens Contes drolatiques, ce qui entraînera cet échange d’amabilités) et d’une relation (platonique) qui durera jusqu’à la mort du grand (sic) Honoré.

G. Sand et H. de Balzac se rencontrent à Paris en 1831 par l’intermédiaire de Jules Sandeau (autre romancier de l’époque et qui donnera son nom à Sand et qui co-écrit sous le nom de Jules Sand, à 4 mains avec la future George, le roman Rose et Blanche). G. Sand sera à l’origine de plusieurs romans de Balzac (ceux sur la musique ou La muse du département par exemple). En 1838, Balzac va jusque chez George Sand à Nohant, dans le Berry où ils discutent beaucoup. Il dit alors : J’ai plus vécu pendant ces trois ou quatre causeries, le mors aux dents, que je n’avais vécu depuis longtemps. Il reviendra du Berry avec un roman presque tout fait, Beatrix, où il raconte, suite à des confidences de G. Sand, la relation entre le pianiste Liszt (Conti dans le roman) et Marie d’Agoult (Beatrix dans le roman). On y reconnaît aussi George Sand sous les trait de Félicité des Touches (artiste et écrivain dont le pseudonyme est Camille Maupin), une femme très masculine, s’habillant en pantalon, fumant le houka (tout cela caractérise la réelle George Sand) et … conseillant les romans d’une certaine George Sand à son beau protégé, Calyste.

A voir sur ce thème :

• La correspondance de George Sand, annoté par G. Lubin

• Sur les relations entre Balzac et Sand : cette page Facebook : Mon cher George

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