Yesterday, on a quest to explore Sebald's links with Alain Resnais' L'Année derniere à Marienbad (for another blog), I noticed in Austerlitz the name Marie de Verneuil. She is the friend with whom Austerlitz has been in correspondence since his time in Paris, and who invites him to accompany her on a visit to Bohemia, to do some research on the spas of Europe (thus Marienbad).
Archives d’Auteur: Nathanaël Gobenceaux
Journal des lectures : Modeste Mignon (H. de Balzac)
Je saisissais les enquêtes de satisfaction
C’était au début, il y a 3 ans
« Avez-vous aimé … »
et à la réponse
« Avez vous fait des achats à la boutique ? »
la réponse a été
Modeste
Bêtement, pas encore familier de tout le corpus de Balzac, j’ai pensé ‘ils ont fait de modestes achats à la boutique ces suisses, drôle de formulation idiomatique.
Journal des lectures : Massimilla Doni (H. de Balzac)
Pof, je coche dans ma liste de la CH :
Massimilla Doni
des Etudes philosophiques,
roman musical
souvent associé à
Gambara, Sarrasine - autres romans musicaux
ou Le Chef d'œuvre inconnu - roman pictural
Petite envie d'une balade à Venise
dans
un des quelques (rares) romans étrangers de Balzac.
Le golfe brillant que dessinent les églises de Saint-Georges et de Saint-Paul au bout de la Giudecca, et le commencement du canal Grande, si glorieusement ouvert par la dogana, et par l'église dédiée à la Maria della Salute, ce magnifique golfe était paisible.
Journal des lectures : Le Colonel Chabert (H. de Balzac)
Je viens de relire...
plus de 20 ans après une première lecture
scolaire,
en 5ème si je me rappelle bien
- les lectures scolaires ne laissent pas forcément de bons souvenirs,
lectures obligées,
« la prof s'arrête sur toutes les phrases »
me rappelle une collégienne comme
nous parlons de ses lectures de Balzac -.
...le Colonel Chabert.
Un mauvais souvenir, donc, qui me bloquait de le relire jusqu'à cette semaine.
Journal des lectures : La Muse du département (H. de Balzac)
On considère que Balzac, en 1836, avec une histoire intitulée La Vieille fille, est le premier feuilletoniste de l'histoire de la presse.
Dans les années 1830
les journaux se développent,
les caricatures et les feuilletons littéraires avec.
Le jour où je ne pourrai plus faire la parade au bas d'un journal, les entrepreneurs de feuilles publiques me laisseront là, comme une vieille pantoufle qu'on jette au coin de la borne.
Balzac et Proust
Le plus divertissant de tout, ce serait de se mettre à lire Balzac (si votre ami ne l’a pas lu) ou au moins tout un cycle de Balzac, car un roman ne peut se lire isolément, on s’en tire difficilement à moins d’une tétralogie et c’est quelquefois une décalogie. Quelques nouvelles, vraiment divines, peuvent se lire isolément, ce grand peintre de fresques ayant été un incomparable miniaturiste. Si vous voulez des conseils balzaciens, je vous écrirai mais ce serait toute une lettre.
(corr. l. à Mme de Camaran-Chimay, 20/07/1907)
Contrairement à Flaubert, Marcel Proust (1871-1922) ne s’agace pas des comparaisons avec Honoré de Balzac. Il en est même flatté : « Je rougis devant cette comparaison écrasante pour moi » écrit-il en mai 1921. Chez les Proust, « lire Balzac c’est parler la langue de la famille » puisque sa mère, déjà, lui parle des livres de Balzac. Proust est un lecteur averti de l’œuvre de l’écrivain tourangeau ; on retrouve dans leurs écrits quelques points communs comme les phénomènes du sommeil (cf La Peau de chagrin (ou Ursule Mirouet) et le tout début de Du Côté de chez Swann) ‘qui exalte le don de convoquer en un instant sur le miroir concentrique de leur esprit l’univers entier, espace et temps.’ (R. Fortassier, L’A. B. 1980). Et des références chez Proust : Le Plaisir des jours imite La Femme abandonnée ; Jean Santeuil évoque Le Curé de village ; dans Jean Santeuil, toujours, Proust fait dire à l’écrivain B. qu’il faut lire tout Balzac , parce que « la beauté n’est pas dans un livre, elle est dans l’ensemble. » ; dans Le Temps retrouvé, Proust évoque Balzac et La Fille aux yeux d’or : Le personnage dit que c’est admirable ; voir l’onomastique aussi ; et le titre La Recherche du temps perdu, que doit-il (paronymie) à La Recherche de l’absolu ?
Proust a bien remarqué que Balzac est un écrivain d’ensembles (ou d’Ensemble) où différents romans se répondent : « Le plus divertissant de tout, ce serait de se mettre à lire Balzac (si votre ami ne l’a pas lu) ou au moins tout un cycle de Balzac, car un roman ne peut se lire isolément, on s’en tire difficilement à moins d’une tétralogie et c’est quelquefois une décalogie. Quelques nouvelles, vraiment divines, peuvent se lire isolément, ce grand peintre de fresques ayant été un incomparable miniaturiste. Si vous voulez des conseils balzaciens, je vous écrirai mais ce serait toute une lettre. » (corr. l. à Mme de Camaran-Chimay, 20/07/1907). Et au sujet de la « querelle » de Flaubert contre Balzac, Proust a aussi son avis : « Dans le style de Flaubert, toutes les parties de la réalité sont converties en une même substance, aux vastes surfaces, d’un miroitement monotone. Aucune impureté n’est restée. Les surfaces sont devenues réfléchissantes. Toutes les choses s’y peignent, mais par reflet, sans en altérer la substance homogène. Tout ce qui était différent a été converti et absorbé. Dans Balzac au contraire coexistent, non digérés, non encore transformés, tous les éléments d’un style à venir qui n’existe pas. » (Marcel Proust, Contre Sainte-Beuve (1871-1922))
Enfin, lorsque Proust s’exerce au pastiche, Balzac est une de ses premières victimes. Dans Dans un roman de Balzac, Proust pastiche si bien Balzac qu’on a finalement plus l’impression que c’est Balzac qui pastiche Proust.
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Bibliographie
Fortassier R., Proust et Balzac, L’Année Balzacienne 1980
Imbert P., La Comédie humaine en sept pages : Balzac pastiché par Proust, L’Année Balzacienne 1984
Lorant A., Proust et Balzac, L’Année Balzacienne 1999 (I)
Tadié J. Y., Proust, lecteur de Balzac, L’Année Balzacienne 1993
ANNEXES
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Balzac dans Proust
L’œuvre de Proust est parsemée de référence à Balzac. En voici quelques unes :
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A LA RECHERCHE DU TEMPS PERDU – SODOME ET GOMORRHE :
Comme, après avoir regardé la belle reliure de son Balzac, je lui demandais ce qu’il préférait dans la Comédie Humaine, il me répondit, dirigeant sa pensée vers une idée fixe: «Tout l’un ou tout l’autre, les petites miniatures comme le Curé de Tours et la Femme abandonnée, ou les grandes fresques comme la série des Illusions perdues. Comment! vous ne connaissez pas les Illusions perdues? C’est si beau, le moment où Carlos Herrera demande le nom du château devant lequel passe sa calèche: c’est Rastignac, la demeure du jeune homme qu’il a aimé autrefois. Et l’abbé alors de tomber dans une rêverie que Swann appelait, ce qui était bien spirituel, la Tristesse d’Olympio de la pédérastie.
Je sais que Balzac se porte beaucoup cette année, comme l’an passé le pessimisme, interrompit Brichot. Mais, au risque de contrister les âmes en mal de déférence balzacienne, sans prétendre, Dieu me damne, au rôle de gendarme de lettres et dresser procès-verbal pour fautes de grammaire, j’avoue que le copieux improvisateur, dont vous me semblez surfaire singulièrement les élucubrations effarantes, m’a toujours paru un scribe insuffisamment méticuleux.
Mais, tout de même, la Comédie Humaine—bien peu humaine—est par trop le contraire de ces oeuvres où l’art excède le fond, comme dit cette bonne rosse d’Ovide. Et il est permis de préférer un sentier à mi-côte, qui mène à la cure de Meudon ou à l’Ermitage de Ferney, à égale distance de la Vallée-aux-Loups où René remplissait superbement les devoirs d’un pontificat sans mansuétude, et les Jardies où Honoré de Balzac, harcelé par les recors, ne s’arrêtait pas de cacographier pour une Polonaise, en apôtre zélé du charabia.—Chateaubriand est beaucoup plus vivant que vous ne dites, et Balzac est tout de même un grand écrivain, répondit M. de Charlus, encore trop imprégné du goût de Swann pour ne pas être irrité par Brichot, et Balzac a connu jusqu’à ces passions que tout le monde ignore, ou n’étudie que pour les flétrir.
D’ailleurs, malgré ces habitudes mondaines ridicules, M. de Charlus était très intelligent, et il est probable que si quelque mariage ancien avait noué une parenté entre sa famille et celle de Balzac, il eût ressenti (non moins que Balzac d’ailleurs) une satisfaction dont il n’eût pu cependant s’empêcher de se targuer comme d’une marque de condescendance admirable.
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A LA RECHERCHE DU TEMPS PERDU – LE TEMPS RETROUVE :
Les Lettres de Balzac, par exemple, ne sont-elles pas semées de termes vulgaires que Swann eût souffert mille morts d’employer? Et cependant il est probable que Swann, si fin, si purgé de tout ridicule haïssable eût été incapable d’écrire la Cousine Bette et le Curé de Tours.
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A LA RECHERCHE DU TEMPS PERDU – NOMS DE PAYS: LE PAYS – A L OMBRE DES JEUNES FILLES EN FLEURS
Elle reprochait à Balzac qu’elle s’étonnait de voir admiré par ses neveux, d’avoir prétendu peindre une société «où il n’était pas reçu», et dont il a raconté mille invraisemblances.
Balzac et Flaubert
« Je viens de lire la Correspondance de Balzac. Il en résulte que : c’était un très brave homme. Et qu’on l’aurait aimé. Mais quelle préoccupation de l’Argent ! et quel peu d’amour de l’Art° ! Avez-vous remarqué qu’il n’en parle pas, une fois ? Il cherchait la gloire mais non le Beau°. Et il était catholique, légitimiste, propriétaire, ambitionnait la Députation et l’Académie°. Avant tout ignorant comme une cruche, provincial jusque dans la moelle des os ; le luxe l’épate. – Sa plus grande admiration littéraire est pour Walter Scott° ! – En résumé c’est pour moi un immense bonhomme mais de second ordre. »
(G. Flaubert, l. à Edmond de Goncourt. 31 décembre [1876])
Une idole, un modèle
Flaubert (1821-1880) est plus jeune que Balzac. Il n’a jamais rencontré son aîné, du moins officiellement car il y a tout de même une rencontre furtive en 1839, Flaubert a 17 ans, et Balzac vient à Rouen pour le compte de la Société des gens de lettres (il a donc 40 ans et a déjà écrit la plupart des ses grandes œuvres dont La Peau de chagrin, Eugénie Grandet, Le Père Goriot, Le Lys dans la vallée, Illusions Perdues…). Le jeune Flaubert le croise et suit, de loin. Balzac est alors une personnalité littéraire de tout premier plan qu’il vient de découvrir et dont la lecture lui est décisive. Contes philosophiques, Contes fantastiques, physiologies : grâce à lui il découvre ces nouveaux genres littéraires.
Rouen est un premier point de convergence entre eux. Flaubert, encore inconnu, lit, entre 1843 et 1851, La Muse du département (il appelle son amante, Louise Collet, « La Muse ».). Un poème évoquant la ville normande est glissé par Balzac dans ce roman. Cela ne s’arrête pas là : La Muse du département et Petites misères de la vie conjugale vont influencer, similitudes à l’appuis la gestation de Madame Bovary (1857) : Dinah et Emma partagent ‘l’atmosphère grise de province et l’illusion de « L’Eden »’ parisien ; le sous titre de Madame Bovary : Mœurs de province, n’est pas sans rappeler les Scènes de la vie de province de Balzac (qui rappelons-le se voulait historien des mœurs) ; dans La Muse on retrouve : « … une affiche jaune, arrachée par le portier après avoir étincelé sur le mur, avait indiqué la vente d’un beau mobilier… » et dans Madame Bovary : La servante tendit à sa maîtresse « un papier jaune qu’elle venait d’arracher à la porte. Emma lut d’un clin d’œil que tout son mobilier était à vendre » : citation ou référence ?. L’ambition commune aux deux écrivains est d’‘étudier la manière dont réagit à la vie de province une femme qui se croit supérieure’ (C. Gothot-Mersh).
Et Emma lit (lecture qui lui est, comme pour Desloriers dans L’Education sentimentale, nocive) du Balzac.
De même pour L’Education sentimentale : Frédéric en pâle reflet de Rastignac et de Rubempré, Frédéric sur le pont au bord du suicide…
Mais Flaubert, pour se détacher de son illustre prédécesseur, prend soin d’y supprimer la plupart des réminiscences Balzaciennes.
L’Education sentimentale est une scène de la vie parisienne, (Balzac ! Balzac !) mais cette fois-ci, conscient de la proximité du thème avec un autre roman de Balzac, Flaubert se lance un avertissement « Prend garde au Lys dans la vallée » (Œuvres complètes).
S’il y a une filiation entre les deux écrivains quant au réalisme des descriptions d’un certain milieu, et s’ils partagent l’utilisation des souvenirs personnels, leurs méthodes et approches de l’écriture sont assez différentes. Flaubert brode, il prend dans le réel des épisodes qu’il relie. Balzac, lui part d’une situation réelle à partir de laquelle il invente tout. Flaubert fait des dossiers documentaires, ce n’est pas le cas de Balzac (ou à peine, cf Les Chouans). Balzac est improvisateur et découvre en écrivant ; Flaubert part d’un plan précis. Par exemples.
Eloges et irritations
Toujours à propos de Madame Bovary, au moment de la publication, Flaubert est agacé par les comparaisons : « Quant au Balzac, j’en ai les oreilles cornées. Je vais tâcher de triple-ficeler quelque chose de rutilant et de gueulard où le rapprochement ne sera plus facile. Sont-ils bêtes avec leurs observations de mœurs ! Je me fous bien de ça ! »
Flaubert se défend de ressembler à Balzac. (Au passage, il n’a pas Balzac complet dans sa bibliothèque.) ‘Il est significatif que, lorsqu’il cherchait un exemple des maîtres qu’on vénérait dans sa jeunesse, le nom de Balzac ait été le premier à se présenter à son esprit. Mais il est significatif aussi qu’à la réflexion il ait décidé de l’effacer. On voit là l’ambivalence qui caractérise l’attitude de Flaubert envers son aîné.’ (Alain Raitt)
Si au début de sa carrière Flaubert se réjouit d’une ressemblance entre un passage de Madame Bovary et un passage du Médecin de campagne, il ajoute « à croire que j’ai copié, si ma page n’était infiniment mieux écrite. »
Tout aussi critique est ce propos sur Balzac : « Je viens de lire la Correspondance de Balzac. Il en résulte que : c’était un très brave homme. Et qu’on l’aurait aimé. Mais quelle préoccupation de l’Argent ! et quel peu d’amour de l’Art° ! Avez-vous remarqué qu’il n’en parle pas, une fois ? Il cherchait la gloire mais non le Beau°. Et il était catholique, légitimiste, propriétaire, ambitionnait la Députation et l’Académie°. Avant tout ignorant comme une cruche, provincial jusque dans la moelle des os ; le luxe l’épate. – Sa plus grande admiration littéraire est pour Walter Scott° ! – En résumé c’est pour moi un immense bonhomme mais de second ordre. » (Flaubert, À Edmond de Goncourt. 31 décembre [1876].)
Mais d’autres aussi sont d’accord sur le fait que Balzac avait des faiblesses de style : « J’ai cru lire un roman de Balzac, mieux écrit, plus passionné, plus propre. » écrit E. About évoquant Madame Bovary (cité dans Madame Bovary, éd. R. Dumesnil, 1945) Maupassant, ami proche de Flaubert n’est pas plus tendre : « Je sais qu[e Flaubert] juge [Balzac] absolument comme moi et que, tout en admirant son incontestable génie, il le considère non point comme un écrivain imparfait, mais comme pas écrivain du tout. »
Poum ! c’est dit.
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Bibliographie
Bardèche M., Balzac et Flaubert, L’Année Balzacienne 1976
Pommier J., ‘La Muse du département’ et le thème de la femme mal mariée chez Balzac, Mérimée et Flaubert, L’Année Balzacienne 1961
Raitt A., Balzac et Flaubert, une rencontre peu connue, L’Année Balzacienne 1988
Raitt A., Le Balzac de Flaubert, L’Année Balzacienne 1991
Honoré DE BALZAC & la géographie
Reblogué depuis LES LIGNES DU MONDE:
Mon ouvrage a sa géographie comme il a sa généalogie et ses familles, ses lieux et ses choses, ses personnes et ses faits; comme il a son armorial, ses nobles et ses bourgeois, ses artisans et ses paysans, ses politiques et ses dandies, son armée, tout son monde enfin!
In Avant-propos
Elles auront appris l'histoire de France dans Le Ragois, la chronologie dans les Tables du citoyen Chantreau, et l'on aura laissé leur jeune imagination se déchaîner sur la géographie;
BALZAC AU CENTRE ou quand le territoire est parsemé de romans (biographies parallèles)
Julien Gracq dans ses Lettrines 2 annonce :
… comme la Touraine est balzacienne …
Elargissons le dit de Gracq à la région Centre : ajoutons au Lys dans la vallée, au Curé de Tours, à La Grenadière, à L’Illustre Gaudissart – les tourangeaux – ajoutons donc la berrichonne Rabouilleuse, la Sancerroise Muse du département, les Vendômois Louis Lambert & Grande Bretèche
Le territoire est parsemé de romans !
Jay McInerney et Illusions Perdues
« Quand j’ai commencé à écrire sur New York, il y a bien longtemps de cela, j’ai réalisé qu’il n’y avait pas beaucoup de romans américains consacrés aux villes. La littérature américaine s’intéressait à la frontière, aux banlieues résidentielles. Et au même moment, j’ai découvert les grands romans parisiens de Balzac. Beaucoup de ses livres me plaisent, mais Illusions perdues me paraît le plus accompli, avec cette histoire de petit provincial qui va se voir corrompu par la grande ville.
Jay McInerney : "Les livres de ma vie"