Balzac et l’Orient

"en France, il est extrêmement rare, pour ne pas dire impossible, de rencontrer les trente fameuses perfections décrites en vers persans sculptés, dit-on, dans le sérail, et qui sont nécessaires à une femme pour être entièrement belle. […] Esther eût remporté le prix au sérail, elle possédait les trente beautés harmonieusement fondues."
Splendeurs et misères des courtisanes

Dans sa préface aux "Orientales", Victor Hugo note en 1829 : « l’Orient est devenu une préoccupation générale ». De fait, les événements politiques et les transformations économiques entraînent un nouveau regard sur l’Orient dans la première moitié du XIXe siècle.

Balzac connaît peu de choses de l’Orient. Il ne fait ni voyages, ni recherches, ni lectures personnelles. Il s’agit avant tout d’un Orient rêvé, commun à de nombreux artistes et écrivains romantiques, tout droit sorti des "Mille et Une Nuits" et qui recoupe largement l’Asie.

Si on ne trouve pas d’allusions directes à l’Orient dans l’œuvre de Balzac, on peut néanmoins répertorier des fragments qui constituent un orientalisme balzacien dialoguant volontiers avec les peintures de Delacroix. Plusieurs constantes définissent cet Orient mythique : le calme de ses « peuplades » (par opposition au tumulte parisien), le fantasme du harem, la toute-puissance des hommes, la volupté des femmes orientales ou encore le danger des passions.

Balzac et le journalisme

Honoré de Balzac est principalement connu pour sa Comédie Humaine, qui représente ses œuvres presque complètes en quelque sorte. Presque car il a écrit aussi une dizaine de pièces de théâtre (le summum étant à l’époque d’avoir du succès sur les planches, vous imaginez que l’écrivain dont l’une des volontés était d’illustrer le nom de Balzac se soit donc lancé dans l’écriture de pièces, (malheureusement il n’eut pas vraiment le succès escompté, et lorsqu’il s’en approcha, la révolution de 1848 vint faire avorter tout cela.)) Balzac et le théâtre, donc ; mais Balzac et le journalisme aussi puisqu’il a écrit environ 80 articles dans différents journaux de l’époque. A cet égard, on va voir dans le présent article que plusieurs choses vont caractériser les relations de Balzac avec le journalisme comme les années 1830 (c’est durant cette période qu’il aura le plus de relations avec ce milieu), ou comme le fait que souvent les journaux soient l’antichambre des romans ou nouvelles qui viendront composer la Comédie Humaine. Lire la suite

Balzac et les européens

Balzac a voyagé, un peu ; ce ne fut pas ce qu’on appelle un grand voyageur, mais il traversa tout de même l’Europe, une fois pour aller rejoindre Mme Hanska à Saint-Pétersbourg, une fois pour rejoindre Mme Hanska chez elle, en Ukraine (la Pologne à l’époque), à Wierzchownia. Cette Mme Hanska fit voyager Balzac ; ils se retrouvèrent à Genève, à Vienne, à Dresde. Un autre voyage, une mascarade plutôt, fut aussi dû à une femme, la comtesse de Guibodoni-Visconti, une anglaise mariée à un italien ; pour elle, il alla régler quelques affaires dans la botte, il partit avec une femme déguisée en homme, en page ; mais ce déguisement n’abusa personne, et la supercherie fit parler ; par ailleurs, la femme en question fut ravie qu’on la prenne pour George Sand.

Balzac a donc parcouru l’Europe et sa culture, en a mis dans ses romans. On retrouve les brumes romantiques de l’Allemagne dans L’Auberge rouge, on croise Dante en exil à Paris dans Les Proscrits, un Jésus Christ contemporain marchant sur l’eau entre l’île de Cadzant (aujourd’hui disparue) et la côte des Flandres dans Jésus Christ en Flandres, on philosophe avec le suédois Swedenborg dans Louis Lambert, on cite Lord Byron ou Goethe dans Modeste MignonNe m’avez-vous pas dit de Byron et de Goethe qu’ils étaient deux colosses d’égoïsme et de poésie ? ») on déguste des glaces italiennes dans Massimilia Doni, on imagine la Norvège à partir du déjà imaginaire (voir mythique) Séraphîta, et caetera…, et caetera…. Lire la suite

Noël avec Balzac… (par Camille M.)

Le mot "Noël" apparaît notamment dans deux lettres de Balzac adressées à Mme Hanska.

 

Le 23 novembre 1836, Balzac adresse une lettre à Mme Hanska depuis Tours. Il travaille alors sur son roman Illusions perdues . Prévoyant le long acheminement de lettre jusqu’en Ukraine, il conclut la lettre ainsi :Je vous souhaite mille gracieusetés dans votre vie, car ces vœux et cette lettre arriveront, je crois, avec le jour de Noël.

 

Dix ans plus tard, Balzac rédige une lettre à Mme Hanska le jour de Noël. Il semble bien que pour Balzac, Noël soit alors un jour comme les autres, excepté le fait qu’il soit forcé de s’organiser pour envoyer son courrier plus tôt que d’habitude…

Lire la suite sur le profil FB du musée Balzac de Saché…