…Donc Balzac a un peu d’avance sur Sand en littérature. Et Sand admire les premiers textes de son confrère. Elle le considère comme un maître à étudier. Lorsqu’ils se rencontrent en cette année 1831, tous deux habitent Paris, à quelques centaines de mètres l’un de l’autre (quai St-Michel et rue Cassini), se rencontrent chez l’un ou chez l’autre et ont alors des discussions littéraires animées. On est toujours en 1831 ; Balzac rencontre un énorme succès avec La Peau de chagrin (« il est impossible de la lâcher » en dit Sand). L’écriture de Balzac semble tellement la marquer que lorsqu’elle publie son premier roman -écrit seule, Indiana en 1832-, elle est accusée, notamment par un homme de lettres, un certain Henri de Latouche, de pasticher Balzac : « Il voulait lire, il lisait, et à chaque page il s’écriait : "allons ! C’est un pastiche ; école de Balzac ! Pastiche, que me veux-tu ? Balzac, que me veux-tu ?" Il vint sur le balcon, le volume à la main, en me critiquant mot par mot, me démontrant par a plus b que j’avais copié la manière de Balzac, et qu’à cela je n’y avais gagné que de n’être ni Balzac ni moi-même. » (Hist. De ma vie)
Archives Mensuelles: mars 2010
‘Mon cher George‘, exposition à Saché (Indre-et-Loire)
Des villes : TOURS – Le Curé de Tours
"Jadis, il existait dans le Cloître, du côté de la Grand’rue, plusieurs maisons réunies par une clôture, appartenant à la Cathédrale et où logeaient quelques dignitaires du Chapitre. Depuis l’aliénation des biens du clergé, la ville a fait du passage qui sépare ces maisons une rue, nommée rue de la Psalette, et par laquelle on va du Cloître à la Grand’rue. Ce nom indique suffisamment que là demeurait autrefois le grand Chantre, ses écoles et ceux qui vivaient sous sa dépendance. Le côté gauche de cette rue est rempli par une seule maison dont les murs sont traversés par les arcs-boutants de Saint-Gatien qui sont implantés dans son petit jardin étroit, de manière à laisser en doute si la Cathédrale fut bâtie avant ou après cet antique logis. Mais en examinant les arabesques et la forme des fenêtres, le cintre de la porte, et l’extérieur de cette maison brunie par le temps, un archéologue voit qu’elle a toujours fait partie du monument magnifique avec lequel elle est mariée. Un antiquaire, s’il y en avait à Tours, une des villes les moins littéraires de France, pourrait même reconnaître, à l’entrée du passage dans le Cloître, quelques vestiges de l’arcade qui formait jadis le portail de ces habitations ecclésiastiques et qui devait s’harmonier au caractère général de l’édifice."
Des villes : SANCERRE – La Muse du département
"Sur la lisière du Berry se trouve au bord de la Loire une ville qui par sa situation attire infailliblement l’oeil du voyageur. Sancerre occupe le point culminant d’une chaîne de petites montagnes, dernière ondulation des mouvements de terrain du Nivernais. La Loire inonde les terres au bas de ces collines, en y laissant un limon jaune qui les fertilise, quand il ne les ensable pas à jamais par une de ces terribles crues également familières à la Vistule, cette Loire du Nord. La montagne au sommet de laquelle sont groupées les maisons de Sancerre, s’élève à une assez grande distance du fleuve pour que le petit port de Saint-Thibault puisse vivre de la vie de Sancerre. Là s’embarquent les vins, là se débarque le merrain, enfin toutes les provenances de la haute et de la basse-Loire. Lire la suite
